Ma galerie sans image, ni dessin!

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Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Ven 8 Mai - 2:57

Et oui, mon talent en graphisme laissant à désirer, tout comme mon talent en dessin, je vais mettre dans ma ''galerie'' le seul talent que je peux vous démontrer facilement sans vidéo. Et non, je vous ferai pas une démonstration de cirque sur le net... Je ne jogle pas très bien avec les balles, mais je n'ai aucune diffculté à jongler avec les mots.

J'ai déjà écrit un livre, que je me suis fait malheureusement piraté (232 pages microsoft, 1 an complète de ma vie TT). Mais bon, après avoir découragé de l'écriture pendant un bout de temps, je me suis remis à écrire. Je vais mettre dans cette galerie le brouillon de mon nouveau livre.

Vous allez vous demander pourquoi je le met? Je ne crains pas de me le refaire pirater? Ce que je vais mettre ce n'est que le brouillon. Quand je dis que le propre de celui qu'on m'a piraté faisant 232 pages, le brouillon en faisant 120. Ça vous dit un peu les différences entre le propre et le brouillon... Et niveau de l'idée? Vous allez vous rendre compte qu'elle est déjà beaucoup exploité, que se soit en manga, film ou jeu vidéo. Alors bonne chance si on veut m'a volé^^.

Bon, je parle, je parle...

Mon plan est déjà terminé, et j'ai commencé l'écriture. Je ne vous résumerai pas l'histoire pour pas vous gâcher de punch^^. Et je mettrai au fur et à mesure ce que j'écrirai. Pour l'instant, je n'ai que le prologue. Alors vous vous contenterez de ça pour aujourd'hui! Ah, et si vous avez des suggestions ou des commentaires, n'hésitez pas!
Titre:
La montée des enfers
(Titre provisoire, il vas sûrement changer en cours d'écriture...)

Prologue.





Il nous arrive souvent de dire que la mort est dans longtemps. Que la vie est encore longue, si longue qu’on n’en verra peut-être jamais le bout. Aussi reporte-t-on des choses qui nous seraient facile de faire aujourd’hui. Un devoir, un peu de ménage. Tout semble si facile de remettre à demain.

Mais lorsque la mort frappe, on regrette d’avoir repousser le moment où l’on aurait du dire merci, ou je t’aime. Des mots simples pourtant, qui n’ont jamais tué personnes. Mais que bien souvent, nous omettons de dire par lâcheté, ou par peur.

C’est vrai, la mort ne frappe pas souvent. Et bien souvent, elle ne frappe que les autres. Alors on tait les mots véritables que nous voudrions dire. On quitte un être cher sur une dispute, gardant une image de lui en colère, ou dessus. On aura toujours le temps de s’excuser plus tard, de lui dire à quel point on l’aime, à quel point on regrette. Mais s’il n’y avait pas de plus tard? Si, par hasard, par un simple accident d’auto ou un revers du destin, on se rendrait compte qu’on n’aurait plus le temps de lui dire ce que l’on pense réellement?

Vous allez peut-être me trouver égoïste mais… Et si, aujourd’hui, on vivait la dernière journée de notre vie? Si le revers du destin s’appliquait à nous et que nous nous endormions le soir venu, pour ne plus jamais nous réveiller? Qu’est-ce qu’on regretterait? Plusieurs choses.

Malheureusement, on ne se pose que rarement ces questions, et une fois qu’on a réfléchis un peu, on passe à autre chose, sans rien changer de nos comportements. L’être humain est fait ainsi. Lâche, égoïste, et peureux. Et ni moi, ni vous ne faisons exception à cette règle.

Mais d’un autre côté, si tout le monde disait toujours ce qu’il pense réellement, le mot regret n’existerait pas. Entre les mots régressions et regrimper, il y aurait un espace vide, là où se trouvait les mots regret et ses dérivés. Et peut-être que le mot utopie aurait une définition différente, moins utopique et plus accessibles.

Mais revenons sur terre, ou plutôt… en enfer. Car même si j’ai regardé la mort dans les yeux, je reste toujours une égoïste, lâche et peureuse, et je ne suis pas prête à rayer le mot regret de mon vocabulaire…

PS: Inutile de checker les fautes d'orthographes, elles seront corrigés après le propre alors... Ne vous fatigué pas à les regarder. Par contre, pour les fautes de syntaxes ou de ponctuation, vous pouvez me les signaler...
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Sam 9 Mai - 5:09

Voici la première partie du chapitre 1. Je sais, le chapitre 1 sera nulle... (accomparé au reste...) mais il faut bien que je mette en place les éléments de l'histoire! Mais bon, pour vous encourager, il y auras 15 chapitres, sans compter le prologue et l'épilogue. Et ne vous attendez pas à une petite histoire d'amour sympathique, comme pourrait le suggérez le chapitre 1...

M'enfin, je parle et je parle... Mais vous attendez la suite. (Ou peut-être pas...)
Chapitre 1


Je marchais lentement dans une petite plaine, juste au pied des montagnes. Je m’arrêtai pour cueillir une fleur, la sentir et la mettre dans mes cheveux. Puis je levai les yeux vers le ciel, ou plutôt vers le sommet de la montagne. J’avais envie de monter au sommet, de sentir le vent dans mes cheveux, et d’étendre mon regard sur tout le paysage alentour, peut-être même jusqu’à Calgary, à environ 300 kilomètres de ma petite ville. Ma petite ville du nom de Haleyfield, un vulgaire trou à côté de la frontière américaine. Mais bon, j’entrepris mon ascension de la montagne. La pente était très à-pic, et difficile à escalader. Les roches s’effritaient sous mes doigts, et je m’écorchais les mains et les genoux à plusieurs reprises. Mais je continuais de monter la montagne. Je voulais atteindre le sommet.

Au bout de ce qui me sembla une éternité, je réussis enfin à mettre le pied sur le sommet. De là, je pouvais voir la plaine à perte de vue, ainsi que quelques collines, et les montagnes de chaque côtés. La vue était splendide. Le vent soufflait fort et résonnait dans mes oreilles. Je fermai les yeux, et étendit mes mains de chaque côté, comme un avion. Faisant un pas dans le vide, je me laissai tomber.



-Mademoiselle Eld, peut-être jugez-vous vos notes assez élevé pour vous permette de ne pas écouter en classe?



Le sol me frappa bien trop brutalement pour être réel. Et la chute me fit mal, très mal. Pas physiquement, bien sûr, mais moralement. Ce n’est pas de ma faute si je me suis endormit en classe, quand même! Si seulement les profs faisaient des cours un peu plus intéressant… Ou si tous nos cours étaient des cours d’éducations physiques… Alors là, peut-être que je serais plus attentives en classe, et peut-être que mes notes serait plus élevés.



-Désolée, monsieur le professeur.



Sans faire plus attention à moi, il se détourna pour continuer son cours. Je ne savais pas pourquoi, mais j’avais la certitude qu’il allait venir me parler en privée dès qu’il aurait fini de donner sa matière et qu’il nous ferait travailler en équipe. Au moins, il avait la bonne idée de faire ça en privée. Je suis habituée d’avoir des retenues, mais je n’aime pas trop quand toute la classe est au courant…

Étouffant un bâillement, signe que je pourrais fort bien me rendormir bientôt, j’essayais de me concentrer sur le cours. Mais bon, j’avais beau me concentrer, les paroles du prof rentrait dans une oreille et s’entêtaient à ressortir de l’autre côté. Je n’ai jamais été diagnostiqué de problème d’attention, voir d’hyperactivité. Peut-être parce que les parents de mes familles d’accueil en avait assez de toujours m’emmener à l’hôpital qu’ils ne voulaient pas me renvoyer là-bas une fois de plus pour cause de problème à l’école… Tant mieux, comme ça, je ne suis pas obligée de prendre des médics tout les matins!

J’allais commencer à dessiner des soleils dans mon cahier de français quand une ombre se découpa sur mon bureau. Levant la tête avec un sourire gênée, je regardais le prof qui me dévisageait d’un air pas très content. Il ouvrit mon agenda sur mon bureau, puis me tendit une date. Baissant la tête pour la regarder, je vis que c’était mercredi prochain.



-Je vois que tu n’as même pas pris la peine d’écrire la date de remise du travail de lecture… Tu l’as commencé, j’espère?



Merde, je l’avais oublié, celui-là… C’était quoi déjà, le travail? Faudra que je me trouve un temps pour le faire… Et que je me trouve un ami pour me résumer un livre. Parce que je n’aurai jamais le temps d’en terminer un pour dans deux jours!



-Bien sûr! Je l’ai d’ailleurs presque terminé…

-C’est ça. J’ai hâte de voir l’excuse que tu me donneras mercredi. Ton chien l’aura mangé, sûrement… Comme tu as déjà ce devoir à faire, je ne te donnerai pas de retenu. Mais tu m’écriras cent fois : Je ne dois pas dormir en classe. Et si je vois une seule faute d’orthographe, ce seras cent fois de plus. Mais tu es en secondaire 5, tu ne devrais pas avoir de problème…



Puis il s’éloigne, un sourire moqueur sur le visage. Je lui réponds d’un sourire mi-figue, mi-raisin. Il doit se croire gentil de me donner seulement cent lignes… Ben oui, comme si j’avais juste ça à faire moi, du français! Les profs ont la mauvaises manies de croire que leur cours est le seul que les élèves suivent, ou bien que c’est le plus important. C’est pour ça que j’ai toujours aimé les profs d’éducation physique. Au moins, eux, ne donne pas de devoir. Ou, dans le pire des cas, un par année.

La cloche sonne enfin. C’est difficile de détester et d’aimer autant à la fois le même son. Un son doux et mélodieux quand il annonce la fin d’un cours, et horrible lorsqu’il en annonce le début. Mais qui reste toujours le même son monocorde, et ce depuis les cinq ans que je vis dans ce pensionnat.

Bon, assez philosopher sur la cloche. En vitesse, je prends mes livres de français et je vais les déposer dans ma chambre, au troisième étage du bâtiment des dortoirs.

Dans mon école, il y a trois bâtiments, relié tous les trois par des passerelles au niveau du deuxième étage. Le bâtiment des dortoirs, celui des salles de classe et celui des salles de loisir. Mais mon préféré reste la cour extérieure, menant sur la piscine extérieure, sur les terrains de soccer et de baseball, et sur le terrain de volleyball de plage. J’aime bien le gymnase aussi, mais il manque de fenêtre donnant sur le soleil.



-Salut Leli! Tu as survécu à ton cours de français?

-Tu parles! Je m’en suis sortie avec une copie.

-Au moins, ça te changeras de tes retenues habituelles.

-Tu marques un point.



Elle, c’est Rose, ma colocataire de chambre. Elle est arrivée au pensionnat en même temps que moi, après le divorce de ses parents. Elle n’a jamais toléré les voir sortir avec ses beaux-parents. Je la considère comme ma meilleure amie dans l’école, bien que nous ne soyons pas dans la même classe.
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Sam 9 Mai - 5:10

-Tu as quoi après dîner?


-Science. Mais je sais pas encore si je vais y aller, dis-je, pensive.

-Tu ne peux pas sécher science! Tu arrives déjà à peine à passer! À moins que tu ne veuilles, couler ta dernière année au secondaire…

-Pour passer un an de plus ici? Plutôt mourir! Mais on a physique tout à l’heure… je vais mourir d’ennui!



Nous descendîmes les marches, puis traversâmes la passerelle menant au bâtiment des salles de loisir. C’était aussi le bâtiment principal, faisant le lien entre les dortoirs et les salles de classe. La cafétéria se trouvait un rez-de-chaussée de ce bâtiment, juste derrière les bureaux administratif. Pas très bien situé, selon l’avis général, mais depuis quand une école peut être bien faite?

La cafétéria était noire de monde, comme d’habitude. Bien sûr, nous avions le droit à 1h et demi de pause pour le dîner, mais tous les élèves voulaient manger le plus tôt possible. On finit par s’habituer lorsqu’on prend ses trois repas par jour dans cette même salle bonder de monde.



-Alors, Leliane, tu as réfléchis à ce que tu vas faire cet été?

-Je vais probablement retourner donner un coup de main à l’hôpital, comme toujours… Pourquoi?

-Mais tu vas avoir ton diplôme! Si tu passes… Mais qu’importe! Tu ne voudrais pas passer un été plus amusant? Comme sortir et faire la fête? Passer un été à parcourir les États-Unis, à la découverte du monde?

-Et je la prendrais ou, l’argent? Désolé Rose, je ne veux pas risquer un été loin des hôpitaux. Tu sais à quel point je coûte cher en frais d’hospitalisation… Tu ne voudrais pas risquer de voyager avec moi!

-Si tu étais moi casse-cou aussi! Tu n’a qu’à arrêter de jouer les singes. Ou à arrêter de répondre aux défis que te poses les gars de l’école. Tu vas finir par te tuer!



Je lui fis un vague signe de la main, signe que je m’en fichais royalement. Comme de mon avenir en fait. J’ai passé ma vie à vivre au jour le jour, et je continuerai comme ça. Orpheline depuis presque 12 ans, j’ai passé mon enfance à déménager de famille d’accueil en famille d’accueil, jusqu’à atterrir dans ce pensionnat. Quoique je ne me plaigne pas, je n’ai jamais voulu de nouveaux parents pour remplacer ceux que j’ai perdus dans un accident de voiture alors que j’avais 5 ans.

N’empêche, comme je connaissais bien Rose, maintenant qu’elle était partie sur son éternel discours sur mes acrobaties supposément dangereuses, il me fallait absolument changer de sujet. Et comme je la connais, autant parler de son sujet préféré, même si ça vas sûrement me retomber dessus…



-Allez Rose, avoue que tu voudrais bien faire le tour des États-Unis en compagnie de…

-Chut, tais-toi! Qui sait s’il peut nous entendre, chuchote-t-elle nerveusement en jetant des coups d’œil autour d’elle.

-Tu ne lui as pas encore avoué…

-Parce que tu crois que c’est facile! Ça paraît que tu n’es pas amoureuse… À moins que… non! Ma Leli, enfin amoureuse d’un garçon? C’est pas vrai! Alors, raconte-moi tout!



…Je savais que mon absence de réponse donnerait ça. Autant la laisser fabuler dans de folles hypothèses. Je ne lui dirai rien de toute façon, pour la simple et bonne raison que je ne sais pas moi-même. On dit souvent de moi que je suis franche, et que je prends rarement le temps de réfléchir avant d’agir, ou de parler. Aussi il m’arrive de blesser quelqu’un par des paroles trop direct, sans que je me rende compte. Mais s’il existe un sujet sur lequel je n’arrive pas à me faire d’idée fixe, c’est bien mes sentiments. En particulier celui du nom d’amour. C’est pourquoi ça fait longtemps que j’ai décidé de ne pas avouer mon amour, du moins pas la première. L’amour n’est qu’un tas de problème de toute façon.



-Bon, je passe faire un tour à la bibliothèque. Tu viens avec moi, Leli?

-Non, je n’ai pas le goût de m’ennuyer. Je vais plutôt aller faire un tour sur les toits.

-Encore? Tu sais pourtant que c’est interdit! Et tu te blesses tout le temps en plus!

-Je ferai attention, promis.

-Tu parles! Tu sais jamais quand tu te blesses, comment peux-tu faire attention?



Avec un sourire amusé, j’allai ranger mon cabaret, avant de sortir de la cafétéria. Le contraste du son entre le hall d’entré et la café est toujours aussi saisissant. Bien qu’il est ai plusieurs élèves dans le hall, j’avais l’impression d’entendre le silence à côté du brouhaha de la café. Mais le silence du hall n’est rien à comparé de celui du toit que j’allais rejoindre bientôt.

Après quelques passages par des chemins détournés et interdit que j’avais appris à connaître, je débouchai enfin à l’air libre, entièrement libre avec seulement le ciel au dessus de ma tête, et la gravité pour me retenir au sol.

J’allais commencer quelques acrobaties sur le toit, ce que Rose aurait sûrement qualifié de dangereux, quand j’aperçu une silhouette un peu plus loin. Il s’approcha, et me jeta à peine un coup d’œil. Même de loin, je le reconnu facilement. Ses cheveux noirs assez court, avec ses incessantes mèches rebelles qui cachaient une partie de ses lunettes de soleil. Il voulait sans doute ce donné un air cool, avec ses lunettes et ses vêtements tout noir. En plus, je croyais qu’il ne sortait jamais dehors pendant la journée… C’est d’ailleurs pour ça qu’on le surnommait le vampire. Keith Way. Un gars de ma classe, nouveau de cette année. À notre connaissance, il n’a lié amitié avec personne. Je ne l’ai jamais apprécié, peut-être à cause de son air fendant et supérieur, son air de monsieur le roi de la planète.

Il avait encore son éternel carnet à la main, et dans l’autre son crayon. On n’a jamais réussi à savoir ce qu’il écrivait toujours ainsi. Les plus mauvaises langues disaient qu’il étudiait ainsi en permanence. Ça pourrait expliquer pourquoi il est le meilleur de la classe…

Puis, d’un coup, il perdit l’équilibre et glissa le long du toit. J’avais toujours su que les toits étaient glissants. Déjà, ils étaient pointus pour favoriser la chute de la neige en hiver… Alors il fallait faire attention lorsque l’on marchait. Je m’étais souvent blessé en glissant… Mais bon, en le voyant perdre l’équilibre, je ne pus m’empêcher de bondir pour le retenir. Je l’attrapai par la manche, après une superbe glisse sur le côté. Je me rendis compte trop tard qu’il n’aurait pas eu besoin de moi, en réalité…

Il était agenouillé, dans une position totalement en maîtrise de lui-même. Et pas du tout en perte d’équilibre. Je ne pouvais pas voir ses yeux, ce qui ne m’empêcha pas de rougir.



-Tu ne peux pas faire attention! J’ai bien cru que tu allais glisser jusqu’en bas!

-Si j’avais peur de tomber, je ne serais pas grimpé jusqu’ici.



Sa voix était froide, arrogante. Il se releva, épousseta ses vêtements, avant de me tendre la main pour m’aider à me relever. Je ne daignai même pas la prendre. J’enlevai, moi aussi, la poussière de mes vêtements, tout en le dévisageant. J’avais quand même été inquiète en le voyant tomber!



-C’est ça, la prochaine fois, pense à m’avertir avant d’avoir la bonne idée de perdre l’équilibre comme ça, histoire que je te laisse tomber.

-J’y penserai, dit-il avec un petit sourire. Au fait, ton genou saigne.



Je baissai les yeux sur mon genou. Effectivement, il saignait. Plein de petits cailloux étaient pris dans l’éraflure, que j’enlevais négligemment. Je relevai la tête en entendant la porte du toit claqué. Il était partie, simplement. Crâneur!

Je m’assis sur le toit, regardant la cour. Il avait sourit. D’ici, je pouvais voir la forêt qui entourait le pensionnat, ainsi que la ville de Haleyfield, qui s’étendait un peu en contrebas. On pouvait se rendre facilement à la ville, elle n’était qu’à une quinzaine de minute à pied, si on se dirigeait vers le sud. Il avait sourit. Un peu à l’ouest du pensionnat, on pouvait voir la clairière, avec le clocher de la vieille église. Elle était à l’écart de la ville à cause des croyances de la population de la ville d’origine. Ils avaient peur du cimetière, et des morts qui s’y trouvent, aussi avaient-ils construits l’église dans la forêt.

Il avait sourit.

Si le pensionnat n’était pas loin de la ville, la ville était loin des autres villes. Plus que loin. La ville la plus proche devait se situer à 300 kilomètres, passé les frontières américaines. Sinon il y avait bien Calgary à 6h de routes. Ou d’autres petits villages de moindre importance. L’Alberta n’est pas réputée pour son lot de grande villes et d’immeubles à bureau. Surtout pour ses plaines, et ses montagnes. Entre les prairies canadiennes de la Saskatchewan et les Rocheuses de la Colombie-Britannique.

Il avait sourit.

J’avais réussit à faire sourire Keith Way, le Keith, l’antisocialiste, le vampire, le mystérieux Keith Way. Et bien sûr, je ne pourrais pas m’en vanter à personne, sinon Rose allait partir des rumeurs à propos de nous deux. Déjà qu’elle était persuadé que je sois tombée en amour. N’importe quoi.
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Sam 9 Mai - 17:17

Suite et fin du chapitre 1. Attention, dès le chapitre 2, ça vas comencer à bouger. Et vous allez voir véritablement le sujet de mon merveilleux roman Twisted Evil . Tout comme vous allez voir à quel point je peux être sadique, pyromane, psychopathe...
***


Plutôt amusante, cette fille. Leliane Eld, si je ne me trompe pas… Celle qui dort toujours en classe malgré ses notes bien en dessous de la moyenne… Plus qu’amusante, elle est plutôt pitoyable. Je me suis toujours demandé pourquoi elle était tout le temps rendu à l’infirmerie, dans le meilleur des cas, sinon à l’hôpital. J’avais ma réponse maintenant. Elle avait un don pour se blesser facilement.

Je descendis du toit, puis je me dirigeai directement vers la bibliothèque de l’école. Tout le long du chemin, je continuai d’écrire dans mon petit carnet. Ce petit carnet, c’était en fait toutes mes pensées, toutes mes réflexions. J’ai pris l’habitude, dès que j’ai appris à écrire, de mettre sur papier tout ce qui me passe par la tête. Histoire de me pratiquer. Car un de mes rêves, c’est d’écrire un livre et de le publier. Et justement, j’avais presque terminé mon premier roman.

Je m’assis à ma place habituelle dans la bibliothèque. J’y passais tellement de temps que les bibliothécaires étaient habitué à ma présence et à mes habitues. Ainsi qu’aux nombreux cours que je manquais. Je séchais la totalité de mes cours d’éducations physiques, que je mettais sur le compte de maladie. Personne n’était dupe à mes mensonges, mais depuis le temps, ils me laissaient faire ce que je voulais.

Une fois assis, plus ou moins confortablement, à ma place habituelle, je rangeais mon petit carnet pour en ouvrir un plus gros. Il ne me restait qu’une dizaine de pages environ à noircir de mon écriture. Il ne me restait qu’à écrire la fin. C’était une histoire d’amour entre deux adolescents ne parlant pas la même langue, se passant après la fin du monde. Pourquoi est-ce que j’écris une histoire d’amour? Peut-être parce que c’est un sentiment que je n’ai jamais connu…

Je me mis à écrire, en perdant conscience du temps qui passe autour de moi. En entendant la cloche sonnée, annonçant le début du prochain cours, je relevai à peine la tête. Science… J’étais déjà en avance dans les travaux, et ce n’est pas comme ci j’allais couler mon année en manquant un autre cours… Au pire, ma note descendra à 96% au lieu de 98… Je vais mourir, c’est certain.

Et puis, il faut bien que je le finisse, ce livre, si jamais je veux le publier un jour!

***


J’arrivée toute essoufflée devant la porte de ma classe de science. Je n’avais pas entendu la cloche du haut du toit… Et du coup, j’ai dû courir pour essayer d’arriver le moins en retard possible, dès que je me rendis compte que j’étais déjà en retard…

Je poussai la porte, et filai m’assoir à ma place. Il y avait une note sur mon bureau, du professeur, disant qu’il souhaitait me parler à la fin du cours. Comme s’il avait prévu que j’allais arriver en retard! Bon, j’avoue que ce n’était pas très difficile à prévoir… Mais quand même!

Mais bon, tout ça, c’est rien… Il fallait maintenant que je me concentre sur le cours d’aujourd’hui… Heureusement, on était en plein cours de technologie, sur les dessins techniques et les plans. Alors après avoir terminé de nous présenter l’objet qu’on allait devoir dessiner, il nous laissa le soin de travailler.

Je n’allais pas m’endormir pendant le cours d’aujourd’hui! Donc, je sortis feuille et crayon, et je commençai à dessiner. Je n’avais pas de talent naturel pour le dessin, mais à force de griffonner dans mes cahiers au lieu de travailler, j’avais appris à bien dessiner. Du moins à dessiner assez bien pour avoir de bonne note en dessin technique! C’était d’ailleurs une des choses qui faisaient montaient ma moyenne en science. En plus des laboratoires et des projets technologiques.

Le prof se mit à circuler entre les bureaux pour voir l’avancement de nos projets. Je ne sais pas s’il jeta un coup d’œil à mon dessin. J’étais trop concentrer pour vérifier s’il s’attardait à mon bureau. J’avais peut-être de la difficulté à écouter les profs parler, mais quand on me demandait de faire un travail qui ne demandait pas de faire travailler ma matière grise, je pouvais me concentrer fortement dessus.

J’eus la chance de terminer juste avant que la cloche ne sonne la fin du cours. Mais bon, je ne pouvais malheureusement pas me diriger immédiatement vers mon cours d’éducation physique… J’avais rendez-vous avec le prof de science. Il allait encore me donner le même discours que tous les autres profs.

J’attendais que tous les autres élèves de la classe quittent la salle. Tiens, Keith n’avait pas assisté au cours? Je pensais qu’il ne séchait que les cours d’éduc… Il en avait de la chance, lui, de pouvoir ne pas assisté au cours comme ça! Et sans risquer de couler, en plus!



-Mademoiselle Eld, approchez, s’il vous plaît.

-Oui, monsieur. Je suis encore désolée d’être arrivé en retard.

-C’est ce que tu dis chaque fois, dit-il avec un soupir dans la voix. Nous avons beau faire tout notre possible pour tenter de t’intéresser à nos cours, et pourtant, tes notes sont toujours aussi basse, tout comme ta motivation.

-Je suis désolée, mais si seulement vos cours étaient plus intéressants! Je m’endors simplement en écoutant vos paroles, et pas seulement dans votre cours. J’ai besoin de bouger, de faire quelque chose. Pas de rester assise à écouter un prof ennuyant parler d’une matière tout aussi ennuyante.

-Vous avez au moins le mérite d’être franche.

-Je ne vois pas ce que je gagnerais en mentant.

-Moins de retenu, peut-être? Mais bon, j’avais une autre question à vous poser… Leliane, que veux-tu devenir, plus tard? Je sais que vous n’avez pas encore envoyé votre inscription à un cégep.

-Je m’engagerai dans l’armée, dès l’automne prochain.

-L’armée est très stricte. Vous pensez avoir la discipline requise?

-L’armée à au moins le mérite de bouger.

-C’est vrai… Vous allez essayer d’être plus attentive en classe.

-Bien sûr, professeur!

-Je ne sais pas pourquoi j’ai de la misère à vous croire…



Mais j’étais déjà partie, le grand sourire aux lèvres. C’est que j’avais mon cours d’éducation physique, maintenant! Et en plus, avec l’arrivée du printemps, on avait notre premier cours à l’extérieur! Soccer, je crois. Qu’importe le sport, tant que sa s’appelle éducation physique, j’adore!

Je n’avais pas fait deux pas dans la cours extérieure, après m’être changé en vitesse, que je fus arrêté par l’infirmière. Elle avait pris l’habitude d’assister à tous mes cours d’éduc…



-Leliane! Tu t’es encore blessée! Comme c’est arrivé, cette fois?

-C’est rien, j’ai glissé, c’est tout.

-Et tu n’as pas pensé venir me voir pour que je te débarbouille tout ça au moins?



Elle s’agenouilla pour examiner mon genou. J’avais l’habitude, l’infirmière me maternait beaucoup trop.



-Bon, au moins ce n’est qu’une éraflure. Tu ne comptes pas te blesser plus pendant le cours, j’espère?

-Je te promets d’essayer.

-C’est ça, comme si j’allais te croire. Tu devrais penser un peu plus à toi.

-Je devrais.

-Mais tu ne le feras pas.

-Exact.

-T’es pas croyable.



J’aimais bien l’infirmière. Dans toute l’école, les deux adultes que j’aimais le plus étaient l’infirmière et mon prof d’éduc. Mon prof simplement pour la matière qu’il donnait à l’école, et l’infirmière parce qu’elle était jeune, énergique, enjouée, et que je n’avais pas besoin de la vouvoyer en permanence. Elle était quasiment une de mes meilleures amies dans l’école.
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Dim 10 Mai - 14:34

Voici le chapitre 2, tout frais, tout chaud! Comme je n'ai eu encore aucun commentaire, j'en déduis que vous avez trouvé le premier chapitre nulle à mort... mais les premiers chapitres sont toujours plates, non? Bon, voici le deuxième, en espérant que vous l'apprécierez un peu plus. Puisque l'on tombe dans l'enfer du sujet... Avis à ceux qui croyait que j'étais un agneau doux et gentil, une jolie petite brebis toute blanche... Voici le début de toute ma sadicité et mes pensées psychopates^^.

Chapitre 2




J’étais véritablement heureux aujourd’hui. Heureux, mais nerveux. Me promenant main dans la main avec ma petite amie, nous marchions tranquillement le long de la rivière qui traverse la forêt. Le silence n’était pas lourd, seulement relaxant, tranquille et chaleureux. On profitait au maximum de ce petit moment d’intimité, loin de la ville, loin des autres. Même les oiseaux faisaient silence, ce qui était étrange en ce début d’été. Mais je n’allais certes pas m’en formaliser, ni m’en inquiéter. J’avais déjà assez de sujet inquiétant dans ma tête pour rajouter des détails inutiles.

Dont un des détails importants, c’était mon futur déménagement. Et oui, à 22 ans, c’est en plein l’âge de quitter la maison familiale pour se trouver un appartement. Dans une ville où il y aura plus de jobs, plus d’actions que dans le trou perdu de Haleyfield. J’avais justement réussi à me dénicher un appart pas très cher à Calgary. J’allais emménager la semaine prochaine.

En plus, j’ai réussi à convaincre ma petite amie de me suivre à Calgary. Enfin, elle n’avait pas été trop dure à convaincre, mais c’est ses parents surtout qui m’avaient donné du fil à retordre. Son père était du genre surprotecteur. Mais je pouvais le comprendre. Elle était sa seule fille et elle était probablement la fille la plus belle à des milles à la rondes.

Mais par-dessus tout, ce qui me rendait heureux et nerveux à la fois aujourd’hui, c’était la bague que je tenais dans ma poche. Une bague magnifique avec le diamant le plus gros que je pouvais me permettre d’acheter sans me ruiner.

Mais je n’osais pas trop lui en faire part. Pas tout de suite en tout cas. Et si elle ne m’aimait pas? Et si elle me rejetait? Et qu’allait en penser son père? Je ne voulais pas gâcher l’ambiance de ce moment si précieux, silencieux, main dans la main, profitant de la présence l’un de l’autre. Le paysage était magnifique. La rivière était magnifique. La fille à mes côtés était magnifique.

Je m’arrêtai, et elle s’arrêta aussi. Elle me regardait avec ses yeux verts plus jolis encore que la rivière, et avec son sourire qui ferait fondre un glacier. Elle ne parlait pas, me laissant le loisir de commencer. Avait-elle deviné ce que je m’apprêtais à faire?



-Je…



Je ne trouvais pas les mots… Mais parfois, les gestes sont plus forts que les paroles. Aussi, je m’agenouillai dans l’herbe fraîche, et sortit la bague de ma poche, bien protéger dans son étui. Je m’attendais à ce qu’elle sursaute, qu’elle saute de joie, qu’elle crie de plaisir… Ou, au contraire, qu’elle n’est aucune réaction, ou simplement un petit sourire triste, m’annonçant qu’elle ne voulait pas passer le reste de ses jours avec moi. Dans ma tête, je m’étais imaginé toutes les réactions possibles qu’elle pouvait avoir, autant les meilleurs que les pires. Mais je ne me serais pas attendu à ça.

Elle prit un air apeuré, voir même paniqué. Je sentais qu’un cri voulait sortir de sa gorge mais aucun son ne sortit. Ma demande en mariage lui faisait cet effet-là? Je ne croyais pas être si épeurant… Devais-je le prendre mal? J’imagine que oui…

C’est alors que je remarquai que ce n’est pas moi qu’elle regardait. Elle regardait derrière moi. Elle leva une main tremblante pour me pointer quelque chose derrière. D’un coup, je me retournai pour voir trois individus s’approchant de nous. Deux hommes et une femme, à la démarche bizarre, un peu dandinant. Ils tenaient leur tête légèrement penché sur le côté, comme si elle leur était trop lourde pour qu’il puisse la tenir droite. Leurs mains devant eux, comme s’ils voulaient nous attraper, ils nous fixaient de leurs yeux morts, de leurs orbites vides.

Leurs vêtements étaient sales, déchirés. Plus ils s’approchaient, plus on pouvait voir de nombreux blessures et morsures sur leur corps. Mais ce n’était pas de belles plaies en voies de guérison. Plutôt des plaies infectées, en voie de putréfaction.

Au début, je croyais que tout ça n’était qu’une bête plaisanterie. Que l’un des trois allait relever la tête et se mettre à rire en pointant nos têtes effrayées. Mais plus ils avançaient, plus je sentais aussi l’odeur qu’ils dégageaient. Une odeur atroce. L’odeur de corps en décomposition. Le mot tarda à arriver dans ma tête, pourtant je ne pouvais pas le rejeter. Tout comme la peur qui maintenant broyait mes tripes. Des morts-vivants.

La fille derrière moi tremblait comme une feuille, incapable de dire quoi que se soit. C’était un cauchemar non? Un horrible cauchemar même. J’allais me réveiller dans quelques instants, heureux de me retrouver tranquille dans mon lit, sans craindre le moindre de danger…

Les monstres étaient maintenant très proches. Je pris la main de ma bien-aimée, puis je l’ai regardé dans les yeux. Histoire de lui faire oublier qu’il y avait des monstres qui s’approchaient de nous pour dieu sait ce qu’ils nous voulaient.



-Écoute-moi, la seule solution, c’est fuir. Alors on va courir, d’accord? Le plus vite que tu peux. Ensuite, nous allons retourner à la ville, prendre mon auto et filer vers Calgary. On sera en sécurité, et on finira notre vie ensemble. Je t’aime, alors on court, d’accord?



Je fus heureux de la voir secouer la tête. Je lui pris la main, et nous commençâmes à courir en direction de la ville. Je ne cessais de me répéter que tout ça n’était qu’un cauchemar, mais c’était quand même vraiment trop réaliste comme rêve. Tant qu’à être un rêve, autant que j’en sois le héro. Et si je la sauvais et que c’était véritablement la réalité… se serait encore mieux!



Mais mon rêve idéaliste dans lequel j’étais le grand héro… mourut dans l’œuf quand ma bien-aimée tomba sur le sol après s’être pris les pieds dans une racine. J’allais l’aider à se relever, quand le premier mort-vivant se jeta sur le sol pour l’attraper par les pieds. D’un geste maladroit, mais toutefois rapide et précis, le zombie mordit ma bien-aimée à un mollet, avant de tirer pour en recueillir la chair. Le cri était horrible, à vous glacé le sang. Bien après qu’elle se soit tue, j’entendais encore son cri résonner dans ma tête.

Et maintenant, elle ne faisait que geindre, me broyant les poignets en me priant de la sortir de là. Pendant que le zombie continuait à la dévorer, et que les deux autres se penchaient déjà pour en faire de même. Je m’étais figé. Tout ça n’était qu’un rêve. Un rêve stupide et affreux. Mais même en rêve, je ne veux pas mourir.



-Lâche-moi!



Je lui donnai une gifle qui la secoua, et elle lâcha mes poignets. D’un bond, je me relevai, et je me mis à courir en direction de la ville. De l’aide, il fallait que je trouve de l’aide… Heureusement, la fille allait les ralentir. Ils allaient en avoir pour quelques temps à la déguster… Pendant ce temps-là, moi j’en profiterai pour mettre un maximum de distance entre ces créatures démoniaques et moi. Elle se sera sacrifiée pour moi. Je ne dois pas mourir, pour elle.

En courant, je trébuchai à deux reprises. Mais chaque fois, je me relevai. Je commençais à être soulagé. Elle s’était remise à crier sa douleur, à appelez à l’aide et à maudire mon nom, mais sa voix se faisait de plus en plus lointaines. Ou de plus en plus faible… Ou peut-être les deux à la fois.

Un autre cri, en face de moi, me fit m’arrêter. Un cri de douleur, suivit d’un autre, d’une voix différente. Et d’un autre. Puis des cris de détresses, d’appelle à l’aide, de peur. Je ne m’étais jamais rendu compte à quel point la différence est grande entre un cri de douleur et un cri de peur. Maintenant je le savais, mais ce n’était pas les émotions transmises par les cris qui me donnaient la chair de poule. C’était les lamentations, les lamentations des morts-vivants. Un espèce de gémissement continu, comme s’ils appelaient à l’aide eux aussi. Mais leurs lamentations ressemblaient plus à un supplice. J’ai faim… À manger… Je m’imaginais ces phrases dans leurs gémissements horribles. Toute la ville allait leur servir de garde manger. Tout comme la fille dans le bois. Tout comme moi. L’évidence me frappa avec violence.

Le premier réflexe qui me vint, fut de m’agenouiller et de joindre mes mains en prière.



-Notre père qui est aux cieux, que votre nom… Putain, Dieu, j’ai jamais cru en toi, mais si tu existes, je t’en pris, fais quelque chose pour le pauvre pêcheur que je suis… Je ne veux pas mourir… Je suis trop jeune pour ça. Je veux pas finir comme nourriture à des cannibales qui sont même pas vivants…



Comme en réponse à ma prière, j’entendis une voix derrière moi. La voix douce et suave de ma bien-aimée, quoique un peu rauque, et défaite. Je me retournai lentement. Je faillis ne pas la reconnaître.

Ses vêtements étaient déchirés, et partout sur sa peau blême je pouvais voir des traces de morsure, des traces de pourrissages et même de décomposition. Elle avançait péniblement vers moi de la même démarche des zombies. Mais elle tenait sa tête droite, et ses cheveux blonds étaient aussi soyeux que ce matin, quand nous avons débuté notre promenade. Ses yeux bleus étaient doux, malgré le regard de reproche qu’elle me jeta en me voyant à genou. Puis elle s’agenouilla à son tour devant moi, et ses yeux se remplirent de larme. Elle tendit sa main à moitié décomposée dans ma direction, comme une demande. Son visage avait encore été épargné par la zombification, mais je voyais la décomposition faire son chemin dans son cou, jusqu’à ses joues.

Elle était encore belle.



-Rejoins-moi…

- Je veux pas mourir…

-Rejoins-moi, amour, et nous serons réunis pour l’éternité…



Je fermai les yeux. Un cri de douleur et de tristesse s’éleva jusqu’au ciel, telle une prière à Dieu pour lui demander de faire cesser le mal le plus rapidement possible. Je pris quelques temps avant de comprendre que ce cri venait de moi.

Mais une fois la première douleur passée, une fois l’immense déchirure qui vient de la première morsure, la douleur se calme. Elle devient sourde, et profonde. Mais la fièvre embarque, nous empêchant de comprendre que dans peu de temps, on va mourir. Je regardais le ciel, qui devenait de plus en plus flous au fur et à mesure que mes paupières se fermaient. Je ne voulais même pas lutter. J’étais uni dans la mort avec ma bien-aimée, unis pour l’éternité.

Je pouvais bien endurer toute les souffrances du monde pour ça.
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par devil_cloud le Mar 12 Mai - 19:10

Je dis que ca va faire un best-seller ce truc, mais en même temps, c'est tellement vrai pour la plupart des jeunes de nos jours, les élèves ne s'intéressent plus a grand chose de nos jours... (je suis bien placé pour en parlé, vu que je suis dans le lot, voir dans le peloton de tête..)
Bref, a quand la suite?
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Mer 13 Mai - 2:28

Best seller? Peut-être pas... Je souhaiterais au moins le publier, ce serait déjà une bonne chose... Mais bon, je vais commencer par le terminer. Si vous avez le moindre commentaire, question, sugestions... n'hésiter pas! Ce n'est encore qu'un brouillon... D'ailleurs j'ai déjà modifié quelques trucs sur les 2 premiers chapitres... Des trucs mineurs, donc vous manquez rien^^

Minute, je finis le chapitre 3 avant de le mettre la suite... Mais ce seras pour bientôt, j'imagine. Mais faut pas que j'oublie de me garder du temps pour la trad aussi... Je devrais passer 20h sur 24 devant mon ordi pour avoir le temps de tout faire ce que je veux... et tant pis pour ma vie sociale XD

Au moins, écrire comme ça fait augmenter mes notes en français... Sauf que ma prof me trouve trop sadique... Et la psychologue me trouve psychopate doubler de pyromane. Vous allez voir, dans les prochain chapitre, toute l'étendue de ma pyromanité Twisted Evil
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par devil_cloud le Mer 13 Mai - 17:06

Bah c'est cool, si t'es pyromane et sadique, j'attends la suite avec encore plus d'impatience! (dépêche toi, dépêche toi. J'ai ce pacemaker qui vas éclater a force d'attendre!)
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Jeu 14 Mai - 2:18

Faudras que t'attende encore un peu! J'ai les deux premières pages du 3ème chapitre d'écris, mais je veux en faire en moyenne 10. Et comme je le posterai pas avant de l'avoir terminé... Mais je suis contente de voir ton impatience! Ça m'encourage à ne pas l'abandonner immédiatement!

Bon, je finis de traduire 2 pages de Sidooh puis je retourne à mon mircrosoft world préféré.
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Ven 15 Mai - 3:55

Voici le chapitre 3!
Chapitre 3





Un cri résonna, déchirant le silence de la nuit. Je me relevai d’un bond, tremblante et en sueur. Je ne pouvais véritablement dire si le cri que j’avais entendu venait de mon cauchemar ou s’il avait véritablement eu lieu, et c’était ce qui m’avait réveillé. Je regardai vers Rose pour voir si quelque chose l’avait réveillé, elle aussi. Elle dormait tranquillement. Poussant un soupir, j’allais me recoucher quand j’entendis de nouveau un cri à glacer le sang. Cette fois, j’étais certaine de ne pas l’avoir rêvé.

Je me dépêchai de courir à la fenêtre, ignorant la tuile froide sous mes pieds nus. Le cri venait bien de l’extérieur non? J’ouvris en grand la fenêtre et me mis à observer la cours. Je ne mis pas grand temps avant de découvrir le gardien de la porte, qui reculait devant 4 individus. Il pointait son arme devant lui, comme s’il voulait leur faire peur. Vu la façon dont il reculait, ça n’avait pas trop l’air de marcher.

Je frissonnai. De peur ou de froid? L’air de la nuit était frisquet et s’engouffrait dans ma chambre, mais les quatre individus ne m’inspirait pas grande confiance. Ils semblaient… bizarres. Bon, d’accord, c’est vrai que j’étais très loin, mais leur démarche me paraissait pour le moins anormal.

Un autre fait aussi était étrange, mais je ne trouvai pas quoi… Attendez, les gardiens à la porte de la cours ne sont pas censés être deux? Ou était passé le deuxième? Je n’eus pas le temps de fouiller la cour du regard que je vis le gardien de nuit tombé sur le sol. Puis il se mit à quatre pattes en fouillant dans le sol. Peut-être avait-il échappé son arme… Le reste se passa très vite. Les individus se retrouvèrent à sa hauteur, et lui sautèrent littéralement dessus. Aux cris de douleur que l’homme poussa, j’étais surprise de ne voir aucun autre élève réveillé à regarder comme moi par la fenêtre. Je regardais quoi en fait? Un meurtre? Plutôt un acte délibéré de cannibalisme… Une chance pour moi que je me trouvais à bonne distance, parce que rien qu’à regarder de loin, j’en avais des hauts le cœur. Mais je n’arrivais même pas à crier. C’était comme si le son mourait dans ma gorge avant même que j’essaie de le laisser s’échapper.

J’avais besoin de parler à quelqu’un, de savoir que ce n’était pas qu’un rêve. J’aurais du me pincer pour me réveiller, mais sur moi ça n’aurait servi à rien. Même éveillé, ça ne m’aurait rien fait.

Je secouai Rose violement. Je ne me suis rendu compte qu’à ce moment-là que mes mains tremblaient, et que je n’arrivais absolument pas à maîtrisé leur tremblement. J’avais peur, oui, mais de quoi au juste? J’hésitais encore à les traiter de cannibales.



-Qu’est-ce qui ya, marmonna une Rose pas du tout réveillé.

-Rose, vite, réveille-toi! Je crois que le gardien c’est fait bouffer dehors!

-T’as sûrement fait un cauchemar, retourne te coucher, Leli.



Sur ce, elle se retourna dans son lit, remontant la couverte jusque sur ses épaules. Ah non, je n’allais pas la laisser se rendormir come ça! Je lui enlevai sa couverture d’un coup sec. L’air froid dans la chambre la fit frissonner. Elle accepta de s’assoir, visiblement de très mauvaise humeur.



-Pourquoi t’as ouvert la fenêtre?

-Pour mieux voir, tint! Aller, tu devrais voir. Le gars c’est tu mais il y a pas deux minutes, il criait de douleur… C’était atroce… Aller, regarde!



À contrecœur, elle finit par quitter la chaleur de son lit et à regarder par la fenêtre. Je jetai craintivement un coup d’œil par-dessus son épaule. Je craignais de ne revoir les quatre personnes… Je priai pour qu’ils aient finis leur repas. Une simple dépouille, voir un tas d’os sanglant, me semblait moins dégelasse que voir des hommes en bouffer un autre.

Pourtant, en regardant à l’extérieur, nous ne vîmes que le gardien de sécurité couché dans l’herbe. D’ailleurs, il se releva tant bien que mal, un peu comme si la tête lui tournait beaucoup trop.



-Il est saoul tu penses? En tout cas, il ne semble pas être en train de se faire dévorer.

-Mais Rose! Je sais bien ce que j’ai vu non!

-T’as sûrement rêvé. Tu vois, il va bien le gardien. Et puis, entre toi et moi, un gardien de moins ça fait plaisir. Moins d’adultes pour nous surveiller.



Elle ferma la fenêtre avant de retourner se coucher. Elle me souhaita une bonne nuit puis se renfonça dans ses couvertures, chaudement installé et prête à rattraper les quelques minutes de sommeil que je lui ai fait perdre.

Si elle pouvait réussir à se rendormir, pas moi. Je sais ce que j’ai vu, et je sais que ce n’était pas un rêve. Je ne suis pas folle! Et pour savoir véritablement, il me fallait aller voir à l’extérieur. D’accord, j’avais peur et ça me fichait la frousse, mais j’avais besoin de savoir la vérité avant de pouvoir me rendormir.

Je m’habillai en vitesse. Autant pour ne pas me retrouver dehors en pyjama que pour retarder le moment où je franchirai les portes de ma chambre. Est-ce que je devrais apporter une arme quelconque? Je ne savais pas me servir d’arme, et même un bâton je doute que se soit très efficace contre quatre personnes. Et en plus, je n’avais rien dans ma chambre qui pourrait me servir d’arme.



-Tu comptes faire quoi à t’habiller comme ça?

-Ben, allez voir dehors, qu’est-ce que tu crois?

-Puisque je te dis que ça ne doit être qu’un rêve.

-Tu trouves pas ça bizarre que le gardien soit couché dans l’herbe et qu’il se relève comme s’il avait bu?

-Qui te dit qu’il ne revient pas d’une grosse brosse? En tout cas, il n’avait pas l’air de quelqu’un en train de se faire bouffer.

-Je sais ce que j’ai vu.

-Je sais, je sais… Mais avoue qu’à ma place, tu aurais de la misère à y croire.



Je lui jetai un regard noir avant d’ouvrir la porte et de m’enfuir dans le corridor. La peur avait laissé sa place à la colère. Je ne suis pas folle. Et j’allais lui prouver, à Rose. J’allais lui prouver que j’avais véritablement vu un gars en train de se faire bouffer par des humains… Douce nuit en perspective. Un frisson me passa de nouveau dans le dos.

Nerveuse, je me mis à essuyer mes mains sur mon jeans pour me faire quelque chose à faire. Le trajet de me chambre jusqu’au hall me parut bien long… Et au fur et à mesure que j’avais, je commençais à sentir la peur me prendre aux tripes de nouveau, alors que la colère disparaissait peu à peu. Après tout, peut-être que Rose avait raison… Et maintenant, j’espérais pour qu’elle aille raison mais je m’étais trop avancé pour reculer. Il me fallait au moins me rendre jusqu’au hall. Pas besoin d’aller jusqu’à l’extérieur. Je descendis les marches une à une, attentive aux moindres petits bruits qui pourraient me signaler… l’arrivé des cannibales.

Je posai enfin le premier pied dans le hall d’entré. Tout me semblait calme, quoique bien sombre… Mais tout était parfaitement normal. Il ne manquait que les gardiens, habituellement en train de faire leur ronde habituelle dans les couloirs, escaliers, et autres pièces de l’école. Ils servaient surtout à envoyer se coucher d’éventuels élèves qui voudrait passer outre le couvre-feu… comme moi en ce moment. Mais les gardiens brillaient par leur absence. Et à mieux écoutés, l’école entière était silencieuse. Il n’y avait pas un son, pas un mouvement.

Normal, non? On est la nuit, il est tard, et on a encore des cours le lendemain. Je devrais écouter Rose et aller me recoucher. De toute façon, j’avais sûrement rêvé. Et les gardiens ont bien le droit de faire la fête et de se saouler s’ils le veulent. Moi, je n’avais rien à voir là-dedans.

Après avoir fait un petit tour du hall pour m’assurer une dernière fois qu’il n’y avait rien d’anormal, je commençais à remonter les escaliers pour me rendre dans ma chambre. J’avais bien besoin de dormir….

Un bruit trancha dans le silence de l’école. D’abord un bruit sourd, tout seul, unique. Comme un coup frappé sur un morceau de bois. Surprise, je me retournai, et me remis à écouter le silence de l’école, dans l’espoir d’entendre à nouveau le son. Ou plutôt dans l’espoir de l’avoir rêvé... Et avec un peu de chance, ce ne serait rien. Qu’un son sans conséquence.

Et un autre. Plus fort cette fois. Et tout de suite après, plusieurs. Des coups lents, forts et faibles en même temps. Je pus définir leur provenance. La porte. Quelqu’un souhaitait entrer à l’intérieur. La porte devait être barré, comme d’habitude.

Je m’avançai vers la porte en étouffant un bâillement. Une fois que j’aurai ouvert, je retournerai dans ma chambre. J’avais quoi, demain, au premier cours? Anglais? Bon autant dormir jusqu’au cours suivant… histoire de récupéré les minutes de sommeil que j’étais en train de perdre.

Je tournai à peine la poignée de la porte qu’on la poussa pour l’ouvrir en grand. J’entendis une étrange lamentation, sombre et rauque, avant de comprendre ce que je voyais. Je ne pus retenir le cri qui sortit de ma gorge, avant de m’enfuir à toute jambe le plus loin possible de la porte. Je me réfugiai dans le secrétariat, et m’embarrer à l’intérieur.

Je m’assis contre la porte, tremblante de peur. Non, ce n’était pas des cannibales. C’était autre chose, pire… Il ressemblait plus à des cadavres en décomposition avancés qu’à des êtres humains… Je n’avais pas besoin de fermer les yeux pour revoir les visages hideux des cinq monstres. Leurs yeux blancs et vides, vitreux, leur bouche ouverte sur leurs éternelles lamentations sourdes, leur peau blanchâtre, d’allure presque aussi granuleuse que la céramique… C’était bel et bien des cadavres, qui bougeaient, marchaient, et… mangeaient. Le mot me vient immédiatement à l’esprit : zombie. Mais c’était impossible! De tels monstres n’existent pas!

Un coup fut frappé contre la porte du secrétariat. Je poussai un cri de surprise et de peur. Au moins un de ces monstres m’avaient pris comme proie pour son petit déjeuner! Je suis bien trop jeune pour mourir! Je ne veux pas me faire bouffer comme le gardien de sécurité à l’extérieur…

Allons, Leli, réfléchis. Tu n’as pas le choix de faire fonctionner ta petite matière grise à toute vitesse. Ce n’était qu’une question de minute avant que le zombie ne réussisse à défoncer la porte et ne rentre dans ce petit bureau. Il n’y avait pas d’autres sorties, ni fenêtre par lesquelles j’aurais pu m’échapper.

Je me dirigeai donc vers le bureau, ouvrant tous les tiroirs pour trouver quelque chose qui pourrait me servir d’arme. Car je n’avais pas le choix de me battre, si je ne voulais pas servir de déjeuner. Je ne savais même pas s’il était possible de tuer un mort-vivant… Peut-être en visant l’estomac, puisqu’ils ne pensent qu’à manger…

Le zombie défonça la porte au moment où ma main agrippait le manche d’une paire de ciseaux. Je n’avais rien trouvé de mieux…

Il s’avança vers moi de sa démarche claudiquant, poussant ses lamentations qui déjà me donnait mal à la tête et me donnait envie de déguerpir en courant. Comme il bloquait la porte, je voyais mal vers où je pourrais courir. Je brandis ma paire de ciseaux devant moi, comme le gardien l’avait fait plus tôt avec son arme.
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Ven 15 Mai - 3:56

-Je t’avertis, tu m’approche et je te crève les yeux avec mes ciseaux!



Il ignora mon avertissement. Peut-être ne l’avait-il même pas entendu. N’empêche, parler me faisait un peu de bien. C’était comme un exécutoire à la peur, un moyen de me faire croire que je contrôlais la situation. Un moyen de m’empêcher de m’effondrer sur le sol et de me mettre à trembler, comme tout à l’heure. Je raffermis ma prise sur le manche des ciseaux, avant de commencer à reculer, doucement. Le zombie leva ses mains vers moi, comme s’il cherchait à réduire la distance qui nous séparait encore. À chacun de ses pas, il se rapprochait davantage. Le bureau nous séparait encore, mais s’il était un tant soit peu intelligent, il n’abandonnerait pas sa poursuite à cause d‘un obstacle aussi bidon.

Le zombie était lent, je dois l’avouer. Si bien que je décidai d’arrêter d’attendre qu’il s’approche à ma portée. Autant prendre l’initiative, et peut-être même réussir à le surprendre. D’un bond, je me retrouvai accroupie sur le bureau. Prenant appuie sur une main et un pied, j’envoyai mon autre pied direct dans la poitrine du zombie, en un coup puissant qui aurait coupé le souffle à n’importe quel être humain. Il ne recula que de quelques pas, avant de recommencer à avancer comme si de rien n’était.

Il attrapa ma jambe, ce qui me fit pousser un autre cri d’horreur. Sa peau contre ma jambe était froide et granuleuse, un peu moite. Simplement dégelasse. Déjà, il approchait sa bouche monstrueuse de mon mollet. Fermant les yeux en criant, je me couchai sur le bureau pour libérer ma deuxième jambe et envoyer valse mon pied dans sa figure effrayante. La surprise le fit lâcher sa prise sur mon pied, et j’en profitai pour me remettre debout. Déjà, il recommençait à avancer.

Je lui donnai un coup de ciseaux en pleine poitrine, là où le cœur aurait du se trouver. Lorsque j’enlevai les ciseaux d’un coup sec, il n’y eut ni cri, ni sang. Il ne tomba même pas comme je m’y serais attendu. Il poussa une légère plainte, comme pour se plaindre que je n’étais pas une cible facile.



-Ah ah, tu croyais vraiment que j’allais me laisser bouffer gentiment sans même me défendre? Mais au lieu de te lamenter, tu pourrais ne pas me dire un peu comme je pourrais faire pour te renvoyer dans ta tombe? Et je te le dis tout de suite, je ne sais pas comment t’exorciser…



Comme je m’y attendais, le zombie ne me répondit pas. Enfin, pas par des mots, simplement par cet horrible son qu’il faisait depuis tout à l’heure.

Je reculai un peu sur le bureau, histoire de prendre un peu de distance. Où fallait-il que je le vise pour le tuer? Si seulement c’était possible de tuer un gars déjà mort… On nous apprend vraiment rien à l’école! Si jamais je m’en sors vivante, je fais une plainte à la direction pour qu’on est des cours de killings de zombie 101. Mais pour déposer plainte, il fallait que je sois encore vivante pour en parler demain matin…

Je posai le pied sur… je sais pas quoi en fait. Un stylo ou un crayon qui traînait sur le bureau. Et aider par un coup que le zombie me donna à la hanche, je tombai sur le coin du bureau, avant de tomber sur le sol. Je protégeai ma tête par mes bras, en un pur réflexe qui me sauva sûrement d’une grosse bosse sur le crâne.

Étendue sur le sol, la tête qui tournait encore, je vis s’approcher de mon visage l’affreuse face du zombie. Non, je n’allais pas mourir comme ça! Prenant mes ciseaux à deux mains, je transperçai l’œil vide du zombie, jusqu’à ce que toute la lame des ciseaux ait pénétré dans sa tête. Un liquide me coula sur les doigts, et le long de mon bras. Il vint se mêler à mon sang qui coulait de ma blessure.

Avec une dernière lamentation morbide, le zombie s’effondra sur moi, ne bougeant plus d’un poil. Enfin, si on enlève le fait qu’il bougeait encore par quelques spasmes…

Je me remis à trembler. En plus d’avoir la nausée. Tremblante, je repoussai le zombie d’un geste brusque. J’essuyai vaguement mon bras droit avant de l’examiner. Une large plaie faisait presque la grandeur de mon avant-bras. J’ai du me blesser quand je suis tombée du bureau… Mais tout ça n’était pas important. Je devais d’abord m’enfuir. J’enjambai le cadavre désormais mort pour de bon (du moins l’espérais-je), pour me diriger vers le hall d’entrée.

Heureusement, celui-ci était vide. Je savais désormais que tout ceci n’était pas un rêve. C’est vrai, dans mes rêves, quand je me blessais, j’avais mal. J’attendis un instant dans le hall d’entrée, essayant d’entendre par des bruits là direction que les quatre autres zombies auraient pu prendre. Je n’eus pas à attendre longtemps qu’un premier cri d’horreur résonna, très vite changé en un cri de douleur. Le cri était éloigné, étouffé par de nombreuse porte avant de me parvenir. Les dortoirs.

J’avais vu le gardien se faire bouffer, puis se relever. Dans pas si longtemps, les autres élèves allaient se faire dévorer, avant de se relever pour aller manger d’autres élèves à leur tour. Bientôt, l’école entière allait être zombifié, et il ne resterait plus aucun survivant. L’évidence me frappa aussi durement qu’un coup dans la poitrine. Une autre évidence m’apparut aussi, plus cruelle et plus douloureuse. Je n’y pouvais rien.

J’avais pourtant avertis Rose. J’ai crié à de nombreuse reprise. Certains élèves ont du se réveiller à mes cris, mais ils ont du penser que les gardiens interviendraient…

Mais dans un sens, c’était de ma faute tout ça… si je n’avais pas ouvert la porte tout à l’heure… Ils l’auraient défoncée. Je leur ai au moins évité l’effort de gaspiller de l’énergie à défoncer les lourdes portes de chêne. Je ne pouvais plus rien pour les élèves. Seule du moins. Mais il me restait toujours la possibilité d’aller chercher de l’aide à la ville.

À peine l’idée m’eut-elle effleuré l’esprit que je courus sur mes jambes tremblantes jusqu’aux portes. Je dus me reprendre à deux reprises avant de réussir à tourner la poignée et pousser une des deux portes de chêne.

Une fois dehors, l’air frais me pris par surprise. J’avais oublié que nous étions en pleine nuit, et que l’été, bien que proche, n’étais pas encore arrivé. Ce qui ne m’empêcha pas de courir le plus vite et le plus loin possible de mon pensionnat. Je courus en direction de la ville, devant pour ça traverser une partie de la forêt. Je ne voyais rien autour de moi, et pas seulement à cause de l’obscurité. Je mis un moment avant de me rendre compte que ma vision était devenue flous par les larmes qui remplissaient mes yeux. J’étais en sécurité maintenant, loin des zombies. Je n’avais plus rien à craindre, aussi l’adrénaline qui m’avait permis d’en combattre un s’estompa peu à peu, laissant la place à la peur, et à la fatigue.

Je ne vis pas une racine traitresse qui traversait le sentier, aussi m’enfargeai-je et tombai sur le sol. Je ne pris même pas la peine de me relever. Tremblante de froid et de peur, je me recroquevillés sur le sol battus du petit sentier, le corps ponctué de sanglot.

Tout ça ne pouvait pas être vrai. C’était irréel. Des zombies ne pouvaient pas exister. Je ne pouvais pas y croire, comme je ne voulais pas y croire. Pourtant, la blessure sur mon avant-bras était bien réelle, je ne pouvais pas avoir rêvé de ce combat. Et puis, j’entendais encore les cris des élèves qui résonnaient dans ma tête. Leur cris de douleur alors que moi je m’enfuyais le plus loin possible pour me garder en vie. Combien d’entre eux allait survivre? Très peu, probablement.

Mais moi j’étais sauf. Du moins, je l’espérais. Aucun zombie ne devait m’avoir suivie pendant ma course effrénée dans les bois… Je fermai les yeux, sentant les larmes couler tout de même le long de mes joues. Fermer les paupières ne fut pas une bonne idée, puisque je revis très nettement le visage du zombie penché sur moi, près à me dévorer, puis, l’instant d’après, la même image mais mes ciseaux à la place de son œil. L’image me revint trop brusque. Je me relevai sur un coude pour vomir ce que je n’avais pas terminé de digéré de mon souper d’hier soir.

Je me recouchai sur le dos, pour regarder les étoiles. Elles brillaient d’une lueur faiblarde, comme si elles étaient au courant du drame qui se déroulait dans mon école, et qu’elle ne voulait pas trop briller en signe d’espoir. Me concentrer sur ces petites lumières à des années-lumière de moi et de mes problèmes me réconfortait. Elles m’empêchaient de me concentrer sur le goût dégelasse dans ma bouche, sur les cris que j’entendais encore raisonner dans ma tête malgré le silence lourd de la forêt, sur les images qui ne cessait d’apparaître dans ma tête. Les étoiles, seules lumière dans la nuit noire, m’offraient une sorte d’échappatoire aux cauchemars qui ne cessaient de se rappeler à mon bon souvenir. Je ne pensais pas qu’il fut possible pour moi de me rendormir cette nuit-là, mais il semblerait bien que non, puisque je ne remarquai même pas que les étoiles s’estompaient au fur et à mesure que mes paupières se fermaient d’elle-même pour me plonger dans un profond sommeil.

***


Je regardai une silhouette s’enfuir en courant de l’école. Je n’eus pas à chercher longtemps pour savoir de qui il s’agissait. Ses traits m’apparaissaient clairement, mieux que si on avait été le jour. Même de dos, je n’eus aucune difficulté à la reconnaître : sa silhouette forte, malgré son agilité apparente et sa féminité, ne laissait aucun doute sur son identité. Leliane Eld, la cancre de ma classe mais la meilleure en éducation physique, selon les dires des autres puisque moi je n’assistais jamais à ces cours-là.

Je comprenais facilement sa fuite. N’importe qui de censé ferait la même chose. D’ailleurs, si je n’avais pas la sécurité de ma position, je trouverais sûrement un moyen de m’enfuir comme elle. Mais les zombies ne seraient certes pas assez intelligents pour monter sur les toits de l’école.

Car il s’agissait bien de zombie.

Je m’étais réveillé dès le premier cri du premier gardien. Un cri qui ne dura pas longtemps. Les trois morts-vivants s’étaient donné à cœur joie sur lui. Dans un sens, il était chanceux, car au vue du nombre de morsure qu’il a eu, sa transformation ne fut pas très longue, donc douloureuse mais moins longtemps.

C’est en voyant la mort de l’autre gardien que je compris la chance du premier. N’ayant eu que deux ou trois morsures, la transformation du second avait été plus longue et plus douloureuse.

Rien qu’en voyant deux meurtres, je pus déjà me monter plusieurs théories au sujet des zombies. Théories que je notai dans mon petit cahier. Elles pourraient toujours me servir pour la suite.

1) Ils ne cherchaient apparemment qu’à se nourrir, mais se fatiguait rapidement de la même proie.

2) Une morsure de zombie transformait le mordus en mort-vivant, le temps de transformation dépendant du nombre de morsure. Je ne savais pas si une coupure faite par les ongles des zombies faisait les mêmes effets que les morsures, puisque je ne les avais pas vu utiliser leurs ongles.

3) Apparemment, ils étaient trop stupides pour savoir se servir d’une arme. Du moins, c’est ce que j’en déduisis du premier gardien qui ne toucha pas à l’automatique sur sa ceinture depuis sa transformation.

4) Les moyens de tuer un mort… Probablement en détruisant le cerveau, ou du moins la partie contrôlant les mouvements. Ou bien en détruisant au complet le corps du zombie, par une explosion assez forte ou un incendie.



Je fermai ensuite mon cahier. En regardant par la fenêtre de ma chambre, je vis les zombies se diriger vers la porte de l’école. C’est à ce moment-là que, silencieusement, je me dirigeai vers les toits. S’ils entraient dans l’école, ils ne se rendraient pas jusqu’ici.

J’avais donc attendu patiemment, couché sur le toit et regardant les étoiles. Je ne savais pas véritablement quoi faire.

En entendant les cris d’une fille, que je confirmai par la suite être Leliane, je fermai simplement les yeux, priant pour qu’elle ait une mort rapide. Je ne fis même pas un geste pour aller la sauver. Parce que le temps que j’arrive dans le hall, il serait probablement déjà trop tard, et que j’avais plus de chance de me faire tuer moi aussi que de réussir à sauver une demoiselle en détresse.

Je connaissais mes capacités, tout comme je connaissais mes limites. Je savais fort bien que je n’avais pas grand chance à me battre contre un humain normal, alors contre un mort-vivant… je ne voulais pas m’essayer.
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Ven 15 Mai - 3:57

Je me suis toujours considéré comme un érudit. Je me sors de mes plus gros problèmes par mon intellect et par la parole. Pas que je déteste le combat, seulement que je n’ai jamais té un sportif. Je n’ai pas le physique d’un dur à cuir. Plus frêle que la majorité des garçons, et plus fragile aussi, j’ai fuis les cours d’éducation physique toute ma vie, me reprenant dans les cours normaux.

Le silence finit par revenir. J’étais surpris, car je n’avais entendu aucun cri de douleur de la part de la fille.

Puis d’autres cris se mirent à résonner, cette fois venant du bâtiment des dortoirs. Alors les zombies allaient s’attaquer à la totalité des élèves… J’espérai que certains s’en sortent, mais moi je ne pouvais rien pour eux. Ce pouvait être égoïste comme penser, mais franchement, je m’en foutais. Je n’ai jamais considéré personne comme un ami dans l’école. Ils étaient tous si immature, si pitoyable… Et de toute façon, je ne pourrais rien pour eux, si ce n’est que mourir avec eux. Et je n’en avais vraiment pas envie.

De la peur? J’imagine que j’aurais du en ressentir. Mais couchai sur le toit, en admirant les étoiles et en écoutant les cris d’horreurs des élèves… J’étais bien. Pas que j’aime la douleur des autres, seulement j’arrivais à oublier leurs cris et les lamentations des zombies pour me consacrer uniquement sur le bien-être de ma solitude. J’adorais les instants que je passai sur le toit, je n’allais donc pas laisser une attaque de zombie gâchai un de ses précieux moments…

C’est en entendant la porte claquer que je me rassis pour regarder la silhouette de Leliane se perdre dans la forêt. Elle avait survécu à son combat contre un zombie… Cette fille était forte, certainement plus forte que moi. Elle ne manquait pas d’intelligence non plus, seulement… Il lui manquait la motivation pour faire bouger ses cellules grises. Mais je la comprends, la majorité des orphelins ont besoin d’une raison de vivre pour se forcer à travailler à l’école, elle ne l’avait simplement pas trouvé.

Avais-je trouvé la mienne? De toute façon, je n’en avais pas besoin, Je ne me suis jamais considéré comme un orphelin, et je ne me considèrerai jamais comme tel quand que personne ne viendras me confirmer la mort de mes deux parents biologique. Et comme je ne connais ni l’un, ni l’autre, je ne serai jamais orphelin.

Mon regard se perdit en direction de la ville. Si de jour j’avais de la difficulté à voir à cause d’une malformation de ma rétine, de nuit je voyais mieux que la majorité des êtres humains. Une simple maladie très rare qui rendait mes yeux trop sensibles à la lumière, et qui avait le tour de me donner mal à la tête chaque fois que le soleil avait la bonne idée de se pointer…

M’enfin, en regardant vers la ville, je distinguai clairement des colonnes de fumées, signes qu’il y avait de nombreux incendies dans la ville. Et peut-être pas seulement des incendies. Des morts-vivants, sûrement. Car s’il y en avait à l’école, il devait sûrement y en avoir dans la ville. Car d’où ceux-ci auraient-ils pu provenir, sinon? La ville la plus proche était à 300 kilomètres. Et je doute que ce ne soit les États-Unis qui nous les auraient envoyés pour détruire la ville canadienne la plus proche de sa frontière, du moins la plus proche dans l’ouest Canadien.

La ville devait être complètement infesté de ces morts-vivants, et si Leliane était un temps soi peu intelligente, elle s’y dirigerait dans l’espoir de trouver de l’aide. En voyant qu’il n’y aurait là aucune aide possible, il y avait de forte chance qu’elle revienne au pensionnat. Et il y aurait plein de zombies qui l’attendraient dans le hall lorsqu’elle reviendra.

Non, il n’y aurait plus de zombie. J’étais égoïste, vrai. Je n’avais pas le goût de survivre seul, et encore moins de perdre mon temps sur le toit de l’école, en attendant comme un lâche qu’un éventuel hélicoptère de secours viendrait me sauvé.

Mais bon, autant profiter encore un peu de ma tranquillité sur le toit avant de m’attaquer à une centaine de zombies…
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Ven 22 Mai - 4:14

Voici le chapitre 4 en avant première!

Chapitre 4

Je me réveillai au matin, surprise. D’abord, surprise de m’être endormi au beau milieu du chemin menant à la ville. Et puis, peu à peu, quand le souvenir des évènements de la nuit me revint en mémoire, je fus surprise d’être encore en vie. Ou bien n’était-ce que de la chance? Si j’avais véritablement de la chance, l’attaque de zombie ne serait qu’un rêve, qu’un horrible cauchemar.
Pourtant, je n’avais pas vraiment le goût de vérifier au pensionnat si j’avais rêvé ou non. Le simple fait que je sois couché en travers du chemin m’en disait long sur la vérité de ce que j’avais vécu hier. Je restai pourtant coucher sur le dos un moment, indécise. Il est rare que je n’arrive pas à me décider, pourtant, aujourd’hui, je prenais le temps de plus ou moins réfléchir. Car ce n’était pas ma réussite scolaire qui était en jeu, c’était ma vie! Et je ne voulais pas mourir.
Quoique si je meure, personne ne pleurerait. Ou peut-être quelques uns de mes amis du pensionnat… Non, à bien y réfléchir, personne ne me pleurerait. Mes amis ne s’en sont peut-être pas tiré à si bon conte.
Mon estomac gargouilla. Il fallait que je trouve de quoi manger, et de l’aide aussi. Et pour ça, il n’y avait que la ville. Je me levai d’un coup pour repartir le plus vite possible, mais ce fut une mauvaise idée. La tête commença à me tourner, m’obligeant à rester à quatre pattes le temps que le sol arrête de bouger. Je finis de me relever, mais plus lentement.
Jetant un dernier coup d’œil derrière moi, j’entrepris de terminer le bout de chemin qui me séparait de la ville. La forêt était plus silencieuse que d’habitude. Même si nous étions le matin, aucun oiseau ne chantait joyeusement de leur branche. Même si nous étions en pleine saison des amours. Mais tout n’était pas silence pour autant.
Au loin, j’entendais des lamentations, que je devinais facilement être celles des zombies. Du pensionnat, sûrement… Quoique, plus je m’approchais de la ville, plus certaines des lamentations devenait forte. Et plus je commençais à m’inquiéter…
Je finis par déboucher de la forêt, un peu en dehors de la ville. Une étrange odeur en sortait… un mélange de gaz, de brûler et de pourriture. Je n’eus pas longtemps à trouver la provenance de cette odeur inhabituelle : la ville entière.
C’était un paysage assez étrange qui se présentait à mes yeux. Bien loin de ce que l’on serait en droit de s’attendre d’une ville venant de se faire attaquer par des zombies. Le soleil faisant ressortir les fleurs aux fenêtres, les maisons semblaient accueillantes, et belles. J’aurais pu me croire dans la même ville que je connaissais depuis l’enfance, si ce n’était les voitures aux vitres brisées, les nombreux incendies dans la ville, suites à des accidents de voiture, ou autre… les portes des maisons ouvertes, les pentures parfois arrachées, ou d’autres simplement défoncés… Sans oublier l’odeur, ni les lamentations qui semblaient provenir de la ville elle-même.
Je ne sais pas ce qui me poussa à entrer dans la ville. Peut-être parce que je n’avais aucun autre endroit où aller. Le pensionnat étant lui aussi attaquer, la ville la plus proche étant inaccessible… Et la forêt ne me semblait pas plus sécuritaire… Ok, peut-être de jour, mais je ne voulais pas me retrouver coincé dans la forêt pendant la nuit. Et puis, j’avais faim. Et en forêt, tout le monde sait qu’il n’y a rien à manger, du moins pour quelqu’un qui n’a jamais pris de cours de survie. Comme moi.
En entrant lentement dans la ville, je comptais dans ma tête mes chances de rester en vie. Je ne mis pas longtemps à voir que mes chances faisaient un peu pitié.
Mais je ne veux pas mourir!
Je pourrais peut-être retourné au pensionnat, puisque je le connais mieux que la ville. J’avais beau mieux le connaître, je n’avais pas vraiment envie d’y retourner. Toute tentative me paraissait désespérée. Était-il seulement possible de s’en sortir? Je ne savais même pas si quelqu’un en dehors de la ville était au courant. Et si ce quelqu’un allait y croire. Personnellement, si on m’appelait pour me dire qu’une ville avait été attaquée par des morts-vivants, je ne l’aurais jamais cru.
Je me retrouvai dans des sombres ruelles de la ville. Au détour d’une ruelle, je croisai deux morts-vivants qui se tournèrent vers moi dès qu’ils sentirent ma présence. Ils étaient aussi affreux que ceux que j’avais vus pendant la nuit, mais j’eus moins peur, cette fois. Peut-être parce que j’avais compris que j’allais finir par mourir, même si c’était bien la dernière chose que je voulais. Que j’allais mourir tué par un de ces cadavres qui marchent…
Trois coups de feu résonna pas très loin de moi. Les deux zombies s’effondrèrent sur le sol. J’eus au moins le plaisir de savoir qu’ils pouvaient mourir d’une façon normale tant qu’ils étaient touchés à la tête.

-Eh, jeune fille, t’es mieux de pas rester là.
-Je sais. Vous avez l’idée d’un endroit sécuritaire où aller?
-Restes avec moi pour le moment.

Je m’approchai de lui. C’était un policier d’âge mûr, et au vue de ses vêtements et des blessures qu’il portait, il avait du se battre contre plusieurs zombies. Il avait l’air fatigué, sale, et vachement amoché. À bien y repenser, je devais lui ressembler un peu, moi aussi. Face à lui, je lui serrai la main qu’il me tendit.

-Matt.
-Leli.
-Bien Leli, tu as une arme?
-Non, je crois bien avoir perdu les ciseaux que j’avais utilisés…
-Ok… on essaiera de te trouver quelque chose. Suis-moi, gamine. Il y a une pharmacie pas très loin. Ton bras à besoin d’être soigné, je crois.

Il était essoufflé et semblait fiévreux. Il semblait aussi beaucoup souffrir. Je ne savais pas que des grafignes et des morsures pouvaient faire autant mal… Mais bon, il est vrai que je ne peux pas comprendre le mot souffrance. Peut-être ses petites blessures le faisaient véritablement souffrir le martyr mais, qu’en bon policier, il n’en laissait rien paraître.
Nous arrivâmes rapidement à la pharmacie. C’était une petit boutique qui vendait divers choses, en majorité des médicaments et du matériel de toilette. Il s’assit à l’entré, pas loin de la porte vitré, histoire de surveiller si des zombies ne s’approchaient pas trop près. Je m’enfonçai dans les allées.
La pharmacie était silencieuse, signe qu’il y avait là aucun mort-vivant. Je me sentis plus ou moins en sécurité, en tout cas plus que ce que je ne me le serait cru dans une attaque de morts-vivants. Mais je savais que se sentiment de plus ou moins sécurité serait éphémère, et qu’il me fallait en profiter un maximum avant de repartir à l’assaut du danger. Ou alors se serait le danger qui viendrait à moi…
Je me promenai dans les allées. Je ramassai bandages, désinfectant, et nourriture, avant de retourner vers Matt.
Il avait fermé les yeux, et semblait somnoler. Je ne voulus pas le déranger, aussi m’assis-je silencieusement à côté de lui et entrepris de nettoyer la blessure à mon avant-bras avant de me panser du mieux que je le pouvais. L’infirmière aurait fait du bien meilleur travail, mais malheureusement, je ne savais pas si elle allait pouvoir encore panser mes blessures un jour. J’eu un pincement au cœur à sa penser, et je me perdis dans mes souvenirs sur le pensionnat.

-Petite, j’ai quelque chose à t’apprendre, approche.

Je lui obéis, curieuse.

-Tiens, prend mon pistolet.
-Pourquoi, demandai-je en le prenant. Il est assez lourd.
-Je vais t’apprendre à t’en servir. Contre les zombies, c’est plus efficace qu’une paire de ciseau.
-J’avoue. C’est pas compliqué au moins? Parce que, voyez-vous, je ne suis pas une lumière en cour…

Il sourit en m’affirmant qu’un gamin de trois ans pourrait apprendre à s’en servir. Il me montra comment débloquer le garde de sécurité, comment charger le pistolet, changer le chargeur, comment bien le tenir… et comment tirer. Bien qu’il ne me montra pas d’exemple, et qu’il ne me fit pas pratique. Il ne lui restait qu’une seule munition, nous n’allions pas la gaspiller en bêtes exemples.

-Tu sais, Leli, tu apprends vite si tu y mets un peu du tien.
-Si seulement les profs comprendrait qu’il faut mettre les cours intéressants, peut-être que j’aurais plus de facilité à les écouter.
-Tu veux passer à la pratique, me demanda-t-il avec un léger sourire triste.
-Je ne suis pas sûr de vouloir… Je n’ai pas hâte de me trouver de nouveau devant des zombies. Bon, et si on commençait à soigner vos blessures? Vous m’avez l’air un peu souffrant…
-Leli, c’est inutile. Les morts-vivants sont si nombreux parce que ceux qu’ils tuent deviennent à leur tour des morts-vivants… Et ceux qui survivent souffrent en devenant des morts-vivants…

Je commençais à comprendre ce qu’il voulait me dire, pourquoi il semblait tant souffrir, pourquoi il m’avait appris à tirer, et pourquoi il souriait tristement… L’horreur se peignit peu à peu sur mon visage.
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Ven 22 Mai - 4:16

-Je vois que tu as compris… Temps mieux, j’avais peur de le prononcer à voix haute. Maintenant, Leli, s’il te plaît… peux-tu accomplir quelque chose pour moi?
-Tout ce que vous voulez. Vous m’avez temps aidé, si je peux faire quelque chose en retour pour vous, je le ferai.
-Je ne veux pas devenir comme eux Leli, s’il te plaît… utilises la dernière balle pour m’empêcher de virer zombie. Ensuite, tu garderas mon pistolet, et j’ai un couteau dans son étui. Ça te fera des armes. Et tu trouveras un moyen de survivre. S’il te plaît…
-Je… Je ne peux pas faire ça!

Il me demandait littéralement de le tuer! Je ne pouvais décidément pas le faire, à moins qu’on me menace moi-même. Et même là… Bon, c’est vrai, j’ai déjà tué, mais il ne s’agissait que d’un zombie, un cadavre, et c’était un acte de pur défense! Là, c’était l’inverse, il me demandait de tuer de sang froid.

-Je comprends tes réticences, mais comprends-moi. Il n’existe aucun moyen d’enrayer le processus qui nous rend zombie. Ou du moins, nous n’en connaissons encore aucun pour le moment. Je ne veux pas mourir, tu sais? Mais je ne veux pas devenir zombie et tuer d’autres personnes par la suite. Je ne veux pas devenir un monstre. Toi, tu as encore une chance de t’en sortir. Pas moi. S’il te plait, Leliane, fais-le.
-Je ne peux pas…

Ma voix était tremblante, cassée. J’avais l’impression de ne plus contrôler mes gestes, d’être complètement déconnecté de mon corps. Et pourtant, je vis clairement mes mains se lever, portant le pistolet exactement come il me l’avait appris. J’enlevai la garde. Le policier poussa un soupir. Il savait que je le ferais, et il avait raison. J’allais sûrement m’en vouloir et le regretter toute ma vie, mais j’avais comme principe de toujours respecter les dernières volontés. Je n’avais pas encore eu à respecter se principe… j’ai toujours été égoïste, croyant toujours que la mort ne s’approcherait jamais de moi. Ce n’est qu’aujourd’hui que je me rends compte à quel point j’ai été stupide.
J’entendis à peine le coup de feu qui résonna pourtant dans toute la place. Je n’entendis pas non plus les dernières paroles du brave policier qui avait réussis à survivre jusqu’ici. Mais je pus voir ses lèvres bouger une dernière fois avant de s’éterniser sur un éphémère sourire. Puis son corps sembla se ramollir, jusqu’à former plus qu’un tas informe sur le plancher de la pharmacie.
J’avais l’impression de ne plus contrôler mon corps. Je me vis me pencher, prendre l’étui de son pistolet pour le glisser à ma ceinture, et y ranger l’arme désormais inutile, vide de toute munition. Puis, je n’eus pas à fouiller beaucoup avant de trouver le couteau dont il m’avait parlé, un couteau de chasse bien aiguisé et équilibré, facilement maniable et pas trop lourd. En fouillant un peu plus, je trouvai du poivre de Cayenne, que je ramassai machinalement, doutant que ce ne me fut utile contre des zombies.
J’aurais peut-être du lui rendre hommage avant de partir. Lui creuser une petite tombe ou encore l’immoler. Faire quelque chose pour que son esprit puisse rejoindre tranquillement le ciel. Mais je ne suis pas un bon apôtre, et j’avais hâte de m’enfuir de la pharmacie, Je me sentais de nouveau nauséeuse et je n’avais qu’une envie : retourner dans un endroit plus ou moins sécuritaire, dans lequel je me sentirais chez moi. Et il n’existait qu’une place qui avait ce mérite : le pensionnat. Bien que je doute de pouvoir encore le classé comme endroit sécuritaire… J’espérais, toutefois, que ce fut encore possible… Sinon je pourrais fort bien me sentir coupable de la mort de la totalité de mes camarades de classe, ce que je n’avais nul envie.

***

Les cris de peur des élèves commençaient à se faire plus rares. Tout comme les étoiles dans le ciel. Pas de doute, le soleil allait bientôt ce lever, et l’école aurait peut-être l’air un peu moins sinistre. Les élèves devaient être tous déjà zombifié, ou sur le point de l’être. Bon, si je reste ici plus longtemps, je vais finir par m’endormir. Je refermai donc mon gros carnet, et le ranger. Je me levai ensuite et m’étirer quelque peu. Il me fallait descendre l’échelle qui passait juste à côté de ma chambre (heureusement).
La porte de ma chambre était ouverte, et il n’y avait nulle trace de mon colocataire. Bon point pour lui, il avait eu la brillante idée de sortir de la chambre se faire bouffer à l’extérieur, au lieu de la tâcher de toute sorte de bête traces de sang. Je n’aurais pas apprécié rentrer dans ma chambre et devoir faire la ménage pour enlever d’éventuelles tâches brunes, et un cadavre m’aurait encore plus dégoûté. Il est vrai que s’il était resté sagement dans notre chambre, il aurait pu avoir une plus grande chance de survie. Mais bon, je n’allais pas me plaindre, puisque la chambre était encore en bonne état.
Une fois rentré par la fenêtre, je m’empressai de fermer la porte et de la bloquer avec une commode, histoire d’y être tranquille. J’avais quelques petits préparatifs avant de me lancer à l’assaut du hall d’entré et des zombies qui vont s’y trouver. Je pris tout de même le temps de souffler un peu sur mon lit, histoire de faire le maximum de calme avant de me lancer dans l’action. Ouais, de calme malgré les cris de douleurs des élèves encore vivants et des lamentations des zombies.
Je pourrais sans doute venir en aide aux autres élèves, mais mes chances de survivre dans ce cas baissaient nettement. Et je ne voulais pas mourir. En tout cas pas pour une bande d’imbécile qui me seraient complètement inutile. J’avais plus de chance de survivre en m’attaquant au hall, et Leli pouvait m’être plus utile que les autres élèves. Parce qu’elle n’avait pas peur du sport, contrairement à moi. En combat, elle avait plus de chance de l’emporter.
Bon, il me fallait quelques préparatifs. Je fouillai en dessous de mon lit pour en sortir mes précieuses bouteilles. Du cognac bien serré, parfait avec une tylenol avant de se coucher. Et une gorgée le matin pour se réveiller parfaitement. Ivrogne? Non, je ne garde mes bouteilles que comme moyen de défense et de destruction massive. Je savais qu’un jour, ça me serait utile.
J’en avais deux pleines et trois vides. Je débouchai les deux pleines pour les transvider dans des vides, pour en garder la moitié. Sur moi, je ne pouvais en traîner que trois, ce que je fis. Je fouillai ensuite dans les poches de mon colocataire pour y trouver des allumettes. Si moi j’aimais bien l’alcool, lui c’était les cigarettes. Dans un sens, c’était bien puisque grâce à lui, j’avais tout ce dont j’avais besoin : feu et alcool.
Je repassai par ma fenêtre et l’échelle pour me rendre sur le toit. Jusque là, le plus dur avait été fait. Tout le reste n’était qu’un jeu d’enfant tellement c’était simple. Je me rendis sur le toit du hall d’entré, avant de descendre par une échelle pour me rendre devant le pensionnat. Leliane avait laissé la porte ouverte, ce qui me facilitait d’autant plus la tâche. Je poussai doucement la porte pour voir à l’intérieur. Il y avait six morts-vivants, donc quatre élèves. En moyenne, mes jolis cocktails Molotov devait tuer deux morts-vivants, sinon j’allais peut-être avoir des problèmes. Heureusement pour moi, la majorité était rassemblée en un seul endroit, là où une seule de mes bombes maisons pourrait suffire. J’en allumai une première et la lançai devant les deux zombies loin du groupe, sans toutefois les touchés. Ils réagirent exactement comme je l’avais prévu : fuyant l’explosion, ils se dirigèrent vers le reste des zombies. Je n’eus alors qu’à allumer un autre de mes cocktails Molotov et le lancer sur le tas pour voir plus qu’un tas de corps déformer et cramer. Je lançai mes deux, pour être certain.
Je me dirigeai ensuite rapidement vers toutes les portes, pour les fermer et les barricader l’une après l’autre. Je ne tenais pas du tout à ce que d’autres zombies viennent faire irruption ici, puisque maintenant j’étais désarmé. Et je ne tenais pas véritablement à courir pour m’enfuir, puisque je déteste simplement courir.
Bon, j’étais assuré d’être en sécurité, du moins pour le moment, j’avais un joli feu qui brulait devant moi, malgré l’odeur simplement désagréable. Est-ce que la vie peu être plus belle quand notre ville est attaquée par des morts-vivants?
Bon, il me semble bien que la secrétaire en gardait quelque unes dans son bureau… Tant qu’à attendre que Leliane revienne, autant l’attendre confortablement en passant le temps. Je ne voulais pas non plus m’endormir, j’aurais alors fait une cible trop facile pour les zombies. Donc, je me dirigeai vers le secrétariat, histoire de fouiller dans les bureaux. Un cadavre prenait la poussière sur le sol, une paire de ciseaux bien enfoncé dans sa tête. Il existait donc un moyen de tuer les zombies? Et Leliane en avait trouvé le moyen. J’avais raison quand je disais qu’elle pouvait m’être utile. Pourquoi alors avais-je l’impression qu’elle pourrait aussi causer ma chute?
Je secouai la tête. Quelle idée stupide! J’enjambai le cadavre avant de me diriger vers les bureaux. Ils avaient déjà été fouillés, probablement dans l’ultime espoir qu’elle avait de trouver quelque chose qui pourrait lui servir d’arme, en l’occurrence les ciseaux. Mais elle n’avait pas ouvert LE tiroir.
Je n’ai jamais compris pourquoi la secrétaire gardait ça dans son bureau, mais j’en voyais maintenant toute l’utilité. Je sortis le sac de guimauve, ignorant la date de péremption qui devait être depuis longtemps périmés. Puis je pris le pic repliable de la secrétaire pour retourner devant mon feu.
J’avais découvert cette cachette secrète de guimauve à mon arrivé au pensionnat, quand j’avais fouillé pour trouver les dossiers des élèves. Histoire de voir ce qu’ils disaient sur moi. Enfin bref, c’est pas ça qui est important!
Je m’assis à distance respectable du feu, ouvrit le sac de guimauve et en piquai une sur le bout de mon bâton. J’aime bien les guimauves. Je me posais seulement une question… Le goût allait-il être différent du fait que je faisais griller celle-ci sur un feu de cadavres humains?

***

Je ne sais pas comment j’ai fait pour me rendre jusqu’au pensionnat. Je crois que j’étais comme dans une sorte de transe, complètement coupé du monde extérieur. Je ne me rappelle plus de tout le chemin que j’ai fait de la pharmacie jusqu’à l’école… Je ne me réveillai qu’une fois à quelques mètres de la porte d’entrée.
Déjà, quelque chose me semblait étrange. Une lueur rougeoyante en dessous de la porte. Il me semblait pourtant que quand j’avais quitté, dans la nuit, les lumières du hall d’entré étaient fermées… Et à bien y réfléchir, j’avais laissé la porte ouverte, aussi, n’ayant pas pris la peine de la refermer en m’enfuyant. Peut-être que c’était un zombie qui avait fermé la porte?
J’entendais leurs lamentations, mais pas directement dans le hall. Ils étaient un peu plus loin, mais dans l’école. Peut-être même qu’il n’y avait aucun survivant parmi les élèves, alors je ne savais pas pourquoi j’étais revenue ici. Sûrement parce que c’est l’endroit que je connais le mieux dans toute la ville, donc que j’aurais sûrement plus de chance de survivre ici.
Malgré la lueur, je posai mes mains sur la porte pour l’ouvrir. Elle était chaude, mais pas brûlante. Il y avait un feu de l’autre côté. En me concentrant un peu mieux, je pus l’entendre crépiter. Le hall brûlait? Mais il fallait l’éteindre! Ah zut, je n’avais pas d’eau sur moi. Même pas une bouteille d’eau.
J’ouvris tout de même la porte. Une grande bouffée de chaleur me parvient, avant de se clamer tout aussi rapidement. J’en fus aveuglé un instant, aussi restais-je sur le seuil. Je fis un pas à l’intérieur et la porte se referma derrière moi.

-Ah, bravo! Tu as cramé ma guimauve avec ton appel d’air! Tu n’as jamais appris à ne pas ouvrir de porte ou de fenêtre quand il y a le feu? Mais bon, détail… Il était temps que t’arrives, j’ai presque toute mangé les guimauves. Tu en veux?
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Lun 25 Mai - 4:00

Chapitre 5

J’aurais pus m’attendre à tout, sauf à ça. Premièrement, j’avais raison à propos de l’incendie. Sauf que celui-ci semblait entièrement contrôlé, en plein centre du hall d’entrée. Le combustible était… simplement des cadavres. J’eus un frisson rien qu’à les voir. Et rien qu’à sentir l’odeur aussi. Je ne pensais pas qu’une telle odeur pouvait exister… Comme si on respirait l’odeur même de la mort, pour nous faire regretter d’être encore en vie.
Enfin, ce à quoi je ne m’étais pas attendu, c’était la scène pour le moins incongrus qui se déroulait sous mes yeux. Keith Way, le premier de ma classe, le mec pas social qui fait que nous regarder de haut, était assis nonchalamment devant le feu de cadavre, ses éternels lunettes de soleil devant les yeux malgré la pénombre du hall d’entré avec la noirceur du crépuscule naissant. Et comme-ci ce n’était pas assez, Il enleva un truc tout noircis et apparemment collant de son bâton, avant de prendre une jolie guimauve toute blanche et de le piquer à la place, pour ensuite la faire griller sur son feu.

-Reste pas planté là! Vien t’assoir. Il reste quelques guimauves mais j’ai pas deux bâtons.
-C’est dégelasse, réussis-je à murmure avant de m’assoir à distance respectueuse.
-Quoi, les guimauves ou le feu?
-Le fait que tu fasses brûler tes guimauves sur un feu de cadavre.

Il hausa simplement les épaules, en vérifiant si sa guimauve était prête. Apparemment satisfait de la cuisson, il me l’offrit. Je refusai avec une grimace. Le silence s’installa peu à peu entre nous. Je ne savais pas trop quoi penser. J’étais heureuse, c’était certain. Je n’étais plus toute seule comme survivante. Et je me sentais en sécurité, en ce moment. Si le feu n’avait pas pour combustibles des corps humains, il est probable que j’aurais réussi à oublier les cauchemars qui continuaient en vivre à l’extérieur de cette petite bulle de sécurité.

-Est-ce qu’il y en a d’autres, chuchotais-je pour briser le silence.
-Hum? D’autres quoi?
-Des survivants, comme toi et moi.
-Peut-être. Sûrement en fait. Si nous avons réussis à être encore en vie, il est probable que nous ne soyons pas les seuls.
-Tu crois qu’on va en voir d’autres, demandais-je avec espoir.
-Peut-être que oui, peut-être que non. Mais si tu veux survivre, ne perds pas ton temps à chercher d’autres survivants. Penses seulement à toi-même.
-C’est comme ça que t’as fait pour survivre?! Tu as abandonné les autres élèves pour survivre tout seul?!

Je commençai à monter le ton. Je n’ai jamais vraiment apprécié les égoïstes. Et il me demandait clairement de l’être, pour ma propre survie? J’aime mieux mourir que de faire exprès d’abandonner tout le monde pour que moi, je puisse vivre!

-Calme-toi. Ce n’est pas ce que tu as fait, quand tu t’es sauvé? Ne me juge pas, tu as bien fait la même chose.
-J’ai essayé, au moins, m’écriais-je en me levant. J’ai voulu sauver Rose, c’est elle qui n’a pas voulu me croire. Je… je…

Rageuse et sur le bord des larmes, je me détournai de lui, commençant à monter les escaliers du hall. IL ne fit aucun geste pour me retenir, trop occupé qu’il était à vérifier si sa nouvelle guimauve manquait de cuisson.

-Où tu vas?
-Dans ma chambre!
-Mauvaise idée.
-Pourquoi?
-Les dortoirs sont remplis de zombie.

Aucune émotion dans sa voix, ni peine, ni ressentiment. Pour lui, ce n’était qu’un fait comme un autre, rien de plus qu’une affirmation. Il aurait pu tout aussi bien dire : c’est une pomme, que sa voix aurait été la même. N’avait-il donc aucune émotion? Les autres contaient-ils si peu pour lui?
J’étais rendu en haut des marches, la main sur la poignée de la porte. D’un coup, je n’en pouvais plus. C’était trop, je n’y ai jamais été préparé. Je commençai à sangloter, des larmes blanches coulant sur mes joues. Je restai là un moment en silence, la main sur la poignée, hésitant encore à l’ouvrir.
Je sentis une main sur la mienne, la retirer doucement, mais fermement de la poignée. Il avait fini par se lever, celui-là… J’essayai de m’arrêter de pleurer, tentant de garder un peu de dignité face à lui. Il m’attira à lui, me serrant fort. Je me laissai aller contre son épaule.

-Je ne peux pas te dire que tout est terminé, me chuchota-t-il à l’oreille. Mais je peux te promettre que tout vas se terminer. Que se soit par notre mort ou par notre fuite, les cauchemars ont tous une fins.
-Je veux pas mourir!

Je le repoussai vivement, il ne réagit pas. Luttant contre mes larmes, il restait silencieux, croisant les bras, me regardant d’un regard indéchiffrable, caché par ses lunettes de soleil.
C’était frustrant et dérageant de ce faire dévisager par des vitres teintés noirs et indéchiffrable!

-C’est pour le style tes lunettes? Au cas où t’aurait pas remarqué, il fait presque nuit!
-Tu vas continuer à pleurnicher longtemps?

Et pan! Quoi ne pas dire à une fille! À part lui dire qu’elle est grosse, tu ne lui dis pas des trucs pareils. Il n’y a pas que les hommes qui ont de l’orgueil. Les filles aussi, nous pouvons en avoir. Je ne pouvais pas rester une minute de plus avec ce mec arrogant, froid et sans aucune émotion. Je me détournai, et essayer de tourner la poignée de la porte. Sans succès. Je la frappai pour l’ouvrir, sans plus de succès. Je commençais à littéralement frappé cette fichue porte qui ne voulait pas s’ouvrir, qui ne voulait pas me laisser traverser le couloir qui me mènerait au bâtiment des dortoirs.
Keith se détourna seulement de moi, me laissant me défouler contre la porte, et descendis retourner s’assoir au près de son feu, prendre soin de bien griller sa dernière guimauve, sans plus se soucier de mon sort. Je me demandai comment il réagirait si je réussissais à ouvrir la porte et entrer dans ce bâtiment plein de morts-vivants… Mais je ne réussis pas à l’ouvrir. Un bruit de frappe semblable de l’autre côté m’en dissuada complètement, et je courus m’assoir au près du feu, le plus loin possible pourtant de Keith.

-Tu n’as pas réussi à l’ouvrir? T’as pensé à enlever les barrures, celle d’en bas et celle d’en haut?
-Que…

Je n’en rajoutai pas plus, rouge de colère et d’impuissance. Je ne fis que l’observer au travers des flammes. Il enleva ses lunettes de soleil pour les rangers dans sa poche, avant d’en sortir son éternel carnet… Bon, au moins un bon point, il ne portait pas ses lunettes pendant la nuit. Je commençais à me demander s’il ne dormait pas avec. Il commença à écrire frénétiquement dans son petit cahier. Il semblait mettre un point d’honneur à m’ignorer.

-Qu’est-ce que t’écris?
-Tiens, t’as arrêté de pleurer?
-Tu…
-C’est bon, c’est bon. Je vais essayer d’être un peu gentil.
-Tu penses que j’arriverai à te croire?

Il referma son carnet, se leva et se rassit à mes côtés. Il me tendit la main, un léger sourire ironique au coin des lèvres.

-Keith Way.
-Leliane Eld. Pourquoi t’es comme ça avec moi, alors que t’as abandonné tous les autres? Tu pourrais tout aussi bien m’abandonner.
-Tu peux m’être utile.
-Ah oui? Et tu vas m’expliquer comment, peut-être? Je t’avertis tout de suite, si c’est pour créer diversion pendant que tu t’enfuies, c’est mort!
- À force d’être aussi agressive, tu vas gaspiller toute ton énergie et tu seras ensuite une cible facile, même pas assez forte pour créer diversion.
-Tant mieux, je n’aurai plus besoin de rester avec toi.
-En fait, je te propose un partenariat. Je n’ai jamais été très bon en éduc, tu n’as jamais pris le temps de réfléchir. Tout seul, on pourrait s’en sortir, à deux nos chances augmentent considérablement.
-… Tu ne vas pas m’abandonner et t’enfuir comme un lâche pendant que j’ai le dos tourné?
-Si j’avais voulu t’abandonner dès le début, je serais resté sur le toit à attendre que des secours viennent me chercher. Je ne me serais pas forcé à tuer ce joli paquet de zombie, même pour me faire un feu pour mes guimauves.

Je pus lire dans ses yeux qu’il était sincère. Je n’avais jamais remarqué qu’il avait les yeux bleus profonds, simplement magnifique.

-Tu devrais enlever tes lunettes plus souvent, chuchotais-je.

Comme quoi il avait raison, je ne prenais jamais le temps de réfléchir. Et encore moins quand c’était le temps de penser avant de parler. Il sourit. Je me sentais complètement ridicule.

-Dis-moi au moins que t’as un plan pour nous sortir de là.
-En fait… non.
-T’attendais quoi, dans le hall?
-Toi.
-Moi?
-Je t’ai vu t’enfuir, du toit. Je savais que tu allais revenir.
-Tu savais?
-Par un principe logique tout simple. J’ai tué ces jolis zombies rien que pour toi.
-Ah ouais, c’est ça… Et comment t’as fait, monsieur le brave affronteur de zombie?
-T’as déjà vu des cracheurs de feu? Ils crachent de l’alcool sur des flammes pour donner l’illusion qu’ils crachent vraiment du feu. J’ai fait plus ou moins la même chose. De l’alcool et des allumettes, et tu as des explosifs. J’avoue que comme technique, c’est moins téméraire qu’une paire de ciseaux, mais plus efficace.
-Attends… Premièrement, où as-tu trouvé de l’alcool? C’est interdit dans l’école! Même les profs ont pas le droit d’en garder dans leur bureau! Et puis… Comment t’as su, pour le zombie que j’ai tué?
-C’est pas parce que je suis le meilleur de la classe que je suis un ange. Et puis comment voulais-tu que je trouve des guimauves sans passer par le secrétariat?
-Parce qu’il y avait des guimauves dans le secrétariat?
-Tiroir du bas à droite. Avec le pic repliable. Je sais pas pourquoi elles étaient là, c’est juste un fait. Et elles étaient délicieuses.

Nous retombâmes dans le silence. J’avais encore des milliers de questions à lui poser, mais lui ne semblait pas vouloir répondre à chacune de mes questions, et encore moins m’en poser. Il n’a jamais été du genre curieux, plutôt antipathique avec tout le monde. Je suis chanceuse, dans un sens. Je ne crois pas que personne est eu une aussi longue discussion avec lui, même si celle-ci n’était pas la plus agréable. Mais je m’imaginais quoi? Que j’allais avoir une discussion normale et agréable alors qu’il y avait plein de morts-vivants partout, qui ne cessaient de se rappeler à notre mémoire par des lamentations démoniaques?

-On fait quoi, maintenant?
-Pardon?
-Maintenant que tu vas m’utiliser pour survivre et que j’accepte parce que j’ai pas vraiment d’autre choix, on fait quoi?
-On ne peut pas attendre de l’aide, tout comme on peut pas en appeler.
-Pourquoi?
-Je sais pas pourquoi, mais la ligne téléphonique est coupé. Probablement une voiture conduite par un zombie qui a fait un accident sur un poteau de téléphone. Voir d’électricité. Je crois que l’école marche sur ses génératrices.
-Alors on fait quoi? La ville la plus proche est trop loin pour s’y rendre à pied!
-Tu sais conduire une voiture?
-Non, toi?
-Non plus. On peut toujours s’improviser un permis, ça doit pas être si compliqué… Quoiqu’on ait peut-être la chance d’avoir un train en gare.
-Tu sais conduire un train?
-Tu mets le moteur en marche et tu laisses filer? Tant qu’on s’éloigne de cette foutue ville… Je crois pas que notre attaque de zombie soit généralisée dans les autres villes. La télé en aurait parlé.
-Quelqu’un finira bien par venir dans notre trou perdu et verra bien qu’il y a quelque chose qui cloche dans la ville!
-Je conterais pas trop là-dessus. On ferait mieux de rejoindre la gare. Mais avant, direction la cafétéria. Autant manger et se faire des provisions avant d’affronter la ville.
-Tu as encore faim?
- Eh, des guimauves, ça ne bourre pas. En plus, elles étaient périmées…
-Je crois pas avoir faim…

Il se leva, tout comme moi. Je montai les escaliers seulement quelques pas derrière lui. Keith marchait avec assurance, comme s’il ne craignait absolument rien. Il ne réagit pas quand nous passâmes devant la porte menant au dortoir, avec les zombies qui frappaient pour tenter de l’ouvrir. Alors que moi, je marchai plus vite, pour ne pas trop me laisser distancer. Je ne voulais pas me retrouver de nouveau seule avec de telles horreurs.
Nous franchîmes la porte menant au bâtiment des loisirs, et descendîmes les escaliers. La cafétéria se trouvait au rez-de-chaussée, juste devant la piscine. J’ai toujours trouvé notre école un peu mal construite. Mais bon, nous allions entrer dans la cafétéria quand un cri venant de la porte d’en face nous déchira les tympans. Ce n’était pas une lamentation de zombie, c’était trop humain pour ça…
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Lun 25 Mai - 4:02

-Keith, t’as entendu?
-Je suis pas sourd.
-C’était quoi, d’après toi?
-Quelque chose d’humain, pour sûr.
-On ferait mieux d’aller voir…
-Je suis pas sûr que se soit une bonne idée.

Je ne l’écoutai pas. Tournant les talons j’entrai dans le vestiaire le plus proche, celui des gars, en l’occurrence, que je traversai en vitesse pour me rendre jusqu’à la piscine. L’eau était calme, même pas une petite vague disant qu’il pourrait y avoir quelqu’un qui ait mis son doigt dans l’eau depuis une heure.
Un cadavre flottait sur le ventre. Enfin, un cadavre ou un zombie, je ne suis pas certaine. Mais ça avait la tête dans l’eau, ça ne respirait pas et ça ne bougeait pas d’un poil. Ici, les lamentations des zombies se faisaient avaler par l’eau, ce qui rendait le silence d’autant plus pesant. Pas un bruit, autre que la circulation de l’eau le filtreur.

-Tu vois, il y a rien. On ferait mieux de s’en aller.
-Attend.

Keith me tira par la manche. Il ne tenait pas à s’attarder ici. Mais un bruit attira mon attention. Un gémissement plus humain que mort-vivant. Je tournai la tête vers les deux plongeons, celui de trois mètres et celui de cinq mètres. Le gémissement se reproduit : il venait d’en haut du plus haut plongeon.
Sans hésiter, je m’y dirigeai et commençai à monter l’échelle pour aller voir le survivant qu’il devait y avoir en haut.

-Leliane! Reviens tout de suite, c’est dangereux!
-Si tu as peur, rien ne te retiens, Keith. Je ne suis pas aussi égoïste que toi. Si quelqu’un d’autre peut être sauvé, alors on sera trois.
-Leliane…

Je l’entendis me suivre sur l’échelle. Je retins de justesse un sourire. Est-ce qu’il s’inquiétait pour moi? J’en doutais. Il devait sûrement s’inquiéter pour ses chances de survie.
En haut du plongeon, il y avait deux silhouettes. Une fille gémissante dans un coin, un gars, couché sur le ventre, au bout du plongeon. Je me dirigeai rapidement vers la fille. Elle était plus jeune que moi, peut-être même une première année, vu son jeune âge. Keith se dirigea vers le gars. Il dut se pencher pour prendre le pouls de celui-ci puisque pas deux minutes après, il m’annonça d’une voix monotone que le gamin était mort. Je l’ignorai. Je me concentrai plutôt pour calmer la fillette. Elle semblait fiévreuse et souffrait atrocement. Une affreuse morsure semblait en pleine décomposition, sur sa hanche. Puis, la fille arrêta de gémir, et elle ouvrit des yeux vides en me fixant, avant de commencer à se lamenter comme tout bon zombie.
Je criai en la repoussant et en reculant vivement. Je trébuchai sur le cadavre du garçon, et je me serais sûrement retrouvé couchée par terre si Keith ne m’avait pas rattrapé. Il était au bout du tremplin, probablement à regarder l’eau en contrebas. S’il réussi à m’éviter la chute au sol, je lui fis tout de même perdre l’équilibre.
Nous eûmes droit à un plongeon tête première dans la piscine. Je battis frénétiquement des bras pour retrouver la surface et l’air frais. Keith me dévisageait, un air de reproche sur le visage.

-La prochaine fois, tu m’écouteras, ok?
-C’est tout? Pas de «tu vas bien Leli»?
-Si tu n’allais pas bien, tu serais en train de couler par le fond.

Il commença à nager lentement pour rejoindre le bord de la piscine. C’est ça, crâneur, avais-je le goût de lui crier. Seulement ma réplique resta nouer dans ma gorge quand je sentis une main sur mon épaule… Me retournant d’un coup sec, je vis le cadavre de la piscine me dévisager de ses yeux morts, la bouche ouverte prête à me mordre le coup. Mon cri s’étouffa dans ma gorge quand je plongeai pour échapper au mort-vivant. Je nageai rapidement pour rejoindre le bord. Keith ne fit pas le moindre geste pour m’aider à sortir, trop occupé qu’il était à essorer ses vêtements. Je le poussai vers les vestiaires, trop pressé de quitter cet endroit maudit au plus vite.
Je fermai rapidement la porte de la piscine, et essayai de la barrer malgré mes mains tremblantes. Il la barra facilement. Il m’énervait, il semblait toujours trop calme, trop maître de lui-même. C’était impossible de ne pas être un peu nerveux!

-La prochaine fois…

Je ne lui laissai pas le temps de finir, le fusillant d’un regard noir. Je savais fort bien que j’avais eu tort, il n’était pas obligé de me le rappeler. Une fois, ça passe, pas deux. Le laissant sur place, je me dirigeai vers la porte des vestiaires.

-Où tu vas?
-À la cafète. Ce n’est pas là qu’on allait?
-Et tu y vas tout mouiller?
-T’as du linge de rechange sur toi, peut-être?
-Les objets perdus sont fait pour ça.

Je m’arrêtai, la main sur la poigné. Il était déjà en train de fouiller dans le bac des objets perdus, tirant sur le sol maillot de bain, serviettes, gougounes et t-shirt. Il se sélectionna un t-shirt noir, et des jeans sombres, ainsi qu’une serviette à peu près propre.

-Désolé, mais si tu veux du linge à peu près propre, tu devrais aller dans les vestiaires des filles.

Je rougis légèrement, avant de sortir pour rejoindre mon vestiaire. Il avait eu au moins la gentillesse de ne pas se montrer trop cru dans sa manière de me rappeler que j’étais dans son vestiaire et qu’il voulait se changer. Dans le mien, je me sélectionnai une serviette, un t-shirt blanc avec des motifs bleus, une mini-jupe et des leggings noirs pour mettre en dessus. Je pris aussi une brosse à cheveux et entrepris de sécher mes cheveux et de les peigner.

-J’ai faim.
-T’as qu’à aller dans les cuisines, c’est juste en face. À moins que tu ne te perdes?
-Pourquoi les filles sont aussi lentes? J’aurai plus peur que tu ne décide de sauver un zombie, en mon absence.
-Tu me crois si stupide?
-Je devrais pas?
-Tu es dans les vestiaires des filles.
-Les filles sont en général plus féminines que toi.
-Que…
-Mais je dois avouer que la mini-jupe te donne un air à peu près joli.

Je lui lançai la brosse par la tête. Il sortit du vestiaire en riant légèrement. Je me figeai, surprise. Keith Way pouvait rire? C’était une première. Je n’imaginais même pas que ce fut possible. Son rire était un peu rauque, comme quelqu’un qui manque de pratique, et ce devait être le cas. Je souris en finissant de me sécher les cheveux.
Il m’attendait, accoter à coté de la porte du vestiaire des filles. Sans un mot, il traversa le couloir et je le suivi de l’autre côté des grandes doubles portes de la cafétéria. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit si silencieuse. Habituellement, c’était la salle la plus bruyante de l’école, exception faite du hall d’entrée. Je n’y étais jamais allé de nuit, seul moment de la journée où elle devait être silencieuse.
Je suivis Keith jusque dans les cuisines, à l’autre extrémité de la cafétéria. Des coups résonnaient, comme frappé sur une boite vide. Des morts-vivants frappaient contre le grand frigidaire de l’école, tentant en vain de défoncer la lourde porte. Ils s’arrêtèrent et se retournèrent vers nous dès qu’ils nous sentirent approcher. Qu’importe ce qu’ils recherchaient dans le réfrigérateur, nous devions être selon eux des cibles plus faciles…

-Je propose la fuite…

J’ignorai son chuchotement. Nous étions deux vivants, plus rapides et plus vifs que les deux morts-vivants. Et nous avions une vie à défendre, alors qu’eux n’avait plus rien. Nous avions l’avantage. Si Keith se battait à mes côtés, mais j’avais oublié que non seulement il n’était pas armé, mais qu’en plus il ne se battrait jamais. Pas s’il pouvait s’enfuir.
Je sortis le couteau du policier et fonçai seul vers les deux morts-vivants. Très vite, j’étais en désavantage. J’avais réussis à me battre contre un zombie, mais deux était une tâche bien plus ardue. Surtout que comme moi, ils ne ressentaient pas la douleur. Les coups que je leur donnai avec mon couteau ne leur faisaient absolument rien, même pas ralentir un peu. Mon offensive se transforma rapidement en défense et en esquive. Je ne voulais pas vraiment me faire mordre et risquer de finir mort-vivant.

***

Cette fille est folle. Folle et armée. Et elle ne prenait vraiment pas la peine de réfléchir. Sa tête ne lui servait absolument à rien. Et si je ne faisais rien, elle allait mourir. Quoique sa mort ne me ferait rien. Tous les autres élèves étaient déjà morts, et je ne m’en attristais pas. Ils auraient pu faire entrave à ma survie.
J’aurais du profiter de son offensive pour m’enfuir. Avec un peu de chance, elle réussirait à occuper les zombies assez longtemps pour que je puisse quitter l’école, et tant pis pour les provisions. Au lieu de quoi, je me surpris à regarder partout autour pour chercher une arme qui me permettrait d’aider Leliane.
Il y avait bien des couteaux de cuisine, mais c’était plutôt des armes de corps à corps, et je n’avais nulle intention de combattre aussi rapproché qu’elle. C’était trop dangereux. Et je n’étais pas stupide, je risquerais plutôt de la gêner que de l’aider.
C’est l’extincteur qui m’apparut comme l’arme la plus efficace. Du carbone concentré et geler, assez pour faire reculer des morts-vivants. Ou du moins je l’espérais.

-Penche-toi!

Sans même vérifier si elle obéissait à mon ordre, j’ouvre le gaz au maximum. L’extincteur eu l’effet désiré. Les zombies reculèrent de quelques pas, surprit par le froid et la pression. Leliane avait eu le bon sens de se baisser. Elle profita de mon attaque pour reprendre le dessus et frappé le zombie le plus proche d’elle à la tête. Il s’effondra avec un bruit mat sur le sol. Bon, le combat était déjà plus égal.
Leliane ne perdit pas de temps. Elle donna un coup de pied en pleine poitrine au deuxième, avant de lui enfoncer son couteau entre les deux yeux.

-T’es folle.
-Désolé.

***

Je retirais mon couteau de la tête du deuxième zombie. Une espèce de matière dégelasse le tâchait. Je ne savais pas si c’était du sang de mort-vivant ou des morceaux de cervelle… Sûrement un mélange des deux. Avec une grimace de dégoût, je l’essuyai un linge à vaisselle.
Sans écouter les remontrances de Keith, je me dirigeai vers le fameux frigidaire. Qu’importe ce qu’il pouvait contenir, ce n’était pas zombifié. J’en étais certaine puisque les zombies ne se mangeaient pas entre eux, et qu’ils ne cherchaient qu’à manger. À l’intérieur, il y avait un élève de notre année. Il était assis dans un coin, tremblant, probablement de froid et de peur.

-Viens, tu ne crains plus rien, j’ai killer les zombies.
-Tu as…

Ce n’est que devant une pointe de gâteau au chocolat qu’il cessa complètement de trembler. Je m’étais assise en face de lui, pendant que Keith dévalisait systématiquement les cuisines. J’eus la vague pensé que s’il mangeait autant en faisant si peu d’exercice, il allait finir par grossir…

-Tu dois être forte pour avoir tué les zombies…
-Disons que je tiens à la vie. Et Keith m’a aidé. Au fait, je m’appelle Leliane.
-Moi, c’est Erich. Merci de m’avoir débarrassé des zombies.
-De rien. Mais on n’est pas encore tiré d’affaire. Au fait, pourquoi étais-tu dans le frigidaire, Erich? Tu ne devrais pas être dans les dortoirs?
-J’ai eu une fringale nocturne… Du coup, j’ai pensé aller dans les cuisines me chercher quelque chose à manger. Et comme il n’y avait pas de gardien de sécurité, je pus me rendre facilement dans les cuisines. J’ai bien entendu les cris, mais je croyais que c’était un élève qui avait fait un cauchemar particulièrement effrayant. J’étais loin de m’imaginer que les morts pourraient décider de se relever et de se mettre à essayer de nous bouffer… Quand j’ai vu ceux-là entré dans la cafétéria, je crus un instant que c’était moi qui faisais un cauchemar. Tout ça n’est simplement pas réel! Je réussis à me réfugier dans le frigo, en espérant qu’ils allaient finir par se fatiguer et s’éloigner. Je ne sais plus combien d’heure j’ai passé enfermer là-dedans…
-Environ 16h, dit Keith d’une voix égale. Il n’y a pas grand-chose de mangeable, autre que des trucs congelés et des légumes pas frais. J’ai quand même pu nous dénicher du pain et du jambon, et des bouteilles d’eau. Je conseille qu’on mange le plus possible maintenant, histoire de moins se charger pour la route. Plus on sera chargé, moins on sera mobile.

Il déposa ses trouvailles sur la table, avant de s’assoir à côté de moi. Il commença à emballer les provisions en trois sacs. Il nous expliqua qu’il faisait trois sacs comme ça si l’un de nous mourrait, les deux autres auraient quand même de la nourriture. Il était assez sadique, à parler de la fin prochaine comme-ci de rien n’était. Exactement comme-ci ça ne lui faisait rien, qu’il n’avait pas peur. Je vis le regard d’Erich changé. Il avait presque autant peur de Keith que des zombies. Dans un sens, je le comprenais entièrement, même quand Keith n’avait pas ses lunettes de soleil.

-Je n’ai pas vraiment faim.
-Ne viens pas chialer si tu as faim plus tard.

Il m’énervait passablement. Si bien que je me dirigeai vers les cuisines, ramassant petites boites de jus, pomme et crème glacé, avant de revenir vers la table. Erich était soulagé de me voir revenir. À ses yeux, je devinai qu’aucun des deux n’avaient échangé de parole en mon absence. Keith devait considérer l’autre survivant comme une baisse de ses chances de survie… l’égoïste.
Je commençai à manger, malgré mon estomac qui me criait de refuser toutes substances. Que Keith ne vienne pas se plaindre si je vomissais ce qu’il me faisait ingurgiter ce soir… J’offris des pommes à Erich, qui accepta à contrecœur. Il avait trop peur de mon partenaire pour refuser de manger. Il faudra que j’en glisse deux mots à Keith. Celui-ci était silencieux, mâchonnant des guimauves, les yeux dans le vague.

-Tu regrettes ton feu de zombie?
-Oui. On pourrait en faire un autre avec ceux-là. T’as des allumettes?
-Non, désolé. Et même si j’en avais, je te les passerais pas.
-C’est jamais rien qu’un petit feu…
-Tu vas t’intoxiquer. Et puis, l’odeur est désagréable.
-On s’y habitue.

Nous continuâmes à manger en silence. Je regardai l’heure sur l’horloge de la cafétéria : 22h. J’étouffai un bâillement. Pourtant, je savais très bien que je ne réussirais pas à dormir de si tôt. Pas à côté de deux cadavres de zombie, et pas avec plein d’autres plus ou moins vivants aux alentours. Et puis, je ne voulais pas laisser Erich seul avec Keith. Je ne pouvais pas laisser le pauvre intimider par la présence silencieuse du vampire, au cas où celui-ci se délaisserais de ses guimauves pour goûter du sang humain…

-Bon, la cafétéria est assez tranquille, commença Keith. Je propose qu’on dorme un peu, en laissant l’un de nous toujours en veille au cas où des zombies ayant un petit creux décideraient de rentrer dans la cafétéria.
-Tu sais, je crois pas que je…

Je n’eus pas le loisir de finir ma phrase. Un grand bruit résonna, comme du bois qu’on déchire telle une feuille de papier. Je sursautai, et Erich recommença à trembler. Keith prit une nouvelle guimauve, sans broncher.
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Lun 25 Mai - 4:02

-C’était quoi, ça?
-Les zombies du dortoir qui ont réussis à défoncer la porte et qui ont pénétrés dans le hall d’entrée.
-En d’autres termes, ils se dirigent soit vers l’extérieur, soit vers le bâtiment des loisirs, soit vers les salles de classe.
-Exactement.
-Comment peux-tu rester aussi calme, merde!

Je m’étais levé de ma chaise et j’avais crié. Je n’arrivais simplement pas à le comprendre. Alors que je luttais contre la panique, tout ça semblait ne rien lui faire. Je ne pouvais simplement pas y croire.

-Je ne perds pas mon énergie en cri et en stress. Tant pis pour le sommeil, on ferait mieux de sortir de l’école. Et pas question de passer par le hall d’entrée. La sortie la plus proche se trouve à l’autre extrémité du bâtiment des loisirs. Prenez vos provisions, on y va.
-Et c’est tout?
-Que veux-tu faire d’autre?
-Je sais pas…
-Alors tais-toi et suis. À moins que tu ne veuilles mourir, Leliane.

Il passa devant, en silence. Erich et moi ramassâmes nos provisions et suivirent Keith de près. Il pouvait être intimidant, énervant, voir même épeurant, il n’en restait pas moins maître de lui-même et nous donnait un semblant de sécurité. Et d’espoir. Arriver aux portes, il vérifia qu’il n’y avait encore aucun zombie dans le couloir avant de s’y engager. Il se tourna vers moi.

-Attendez-moi ici.
-Qu’est-ce que tu vas faire.?
-Les retarder.
-Mais tu ne te bats pas!
-Idiote, je vais seulement barrer la porte.

Il s’éloigna dans le couloir simplement éclairé par les lumières faiblarde de la génératrice. Dès que sa silhouette ne fut plus visible, Erich se remit à trembler de plus belle. Je fis mon possible pour le calmer en attendant le retour de Keith. Heureusement, celui-ci ne fut pas très long, et revins au bout de seulement quelques minutes. Il avait le même air blasé, légèrement arrogant. Mon cœur manqua un battement en le voyant revenir. On dit que les vampires sont extrêmement beaux. Dans son cas, c’était exact. Ses yeux bleus brillaient d’une étrange lueur dans la semi-pénombre. Je fus heureuse qu’il soit encore en vie, et qu’il soit mon associé.

- Aller, on ne devrait pas traîné ici.

En silence, Erich et moi le suivîmes de près. Lorsque Keith vit que nous étions solidement enlacés, il se raidit. Je ne pouvais dire pourquoi. C’était normal que moi et Erich nous serrions fort, en un semblant de sécurité. Je n’aurais pas serrés Keith comme ça… quoique je l’aie déjà fait. Je rougis à se souvenir. Avec un peu de chance, bientôt nous nous retrouverons tous les trois en sécurité. Avec un peu de chance.
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par devil_cloud le Lun 25 Mai - 22:22

Plus ton histoire avance, plus je pense a High School of the Dead. enfin, pour ce que ca change que tu t'en soit inspiré ou pas, j'aime bien ce genre d'histoire.
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Message par Miyachi le Mar 26 Mai - 2:12

J'ai pas lu au complet HIgh school of the death (j'ai pas fini le premier chapitre XD). Je me suis surtout inspiré de Resident evil, mais sans chercher à connaître la cause de la zombification. Et Twilight aussi (pour l'histoire d'amour XD).
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Jeu 28 Mai - 4:33

Voilà le dernier chapitre dans l'école. Bon, probablement le chapitre dont je suis le moins fière... et un des plus nuls. Mais je le retravaillerai pour le propre. Les prochains seront meilleurs (le 8 et le 12, en particulier... j'ai hâte d'être rendu à les écrire! )

Chapitre 6

Nous nous dirigions maintenant le plus loin possible du hall d’entrée. J’imagine que Keith voulait nous faire passer par la bibliothèque, puisqu’il y avait par là une sortie d’urgence menant directement à la cour extérieure. De là, il nous serait facile de rejoindre le chemin pour la ville, sans passer proche du hall d’entrée.
Je n’ai pas remarqué exactement pourquoi il nous a fait prendre un détour. Les couloirs étaient assez sombres, mais pourtant il me semble qu’il a vu quelque chose, loin dans le corridor, qui lui a fait changer de direction. Mais je n’en suis pas certaine, puisque je n’ai rien vu, et qu’il n’a rien dit. Conséquence, nous nous ramassions en silence en train de monter les marches pour nous rendre aux premiers étages.
Si le rez-de-chaussée contenait la cafétéria, la piscine et la bibliothèque, le premier étage contenait l’auditorium, ainsi que les classes de musiques et d’arts plastiques. Les salles informatiques et de jeux se trouvaient au deuxième.
Le premier étage était aussi silencieux que l’étage que nous venions de quitter. Quoique le silence est relatif; nous entendions toujours les étranges son des zombies, comme s’il ne savait rien dire d’autre et encore moins se taire. La pénombre était toutefois la même. Il n’y avait pas non plus de lumière qui filtrait des fenêtres, le soleil ayant décidé de se coucher. Ça devait faire maintenant à peu près 24 h que le cauchemar avait commencé, peut-être un peu moins…
Nous passâmes devant l’auditorium. Keith se dirigeait résolument vers les prochains escaliers, pour nous faire redescendre et gagner la porte à côté de la bibliothèque. Erich et moi suivions en silence, seulement quelques pas derrière lui. Un bruit métallique nous stoppa, suivit de près par une exclamation humaine. L’exclamation était étrange en son genre : apeurée oui, mais sans souffrance ou s’en peur atroce de voir un zombie en face de soi. Je crois que c’est l’étrange intonation de cette exclamation qui fit aussi s’arrêter Keith pendant quelques secondes. Puis il secoua la tête et s’apprêta à repartir. Je le retins par le coude.

-Attend! C’était quoi, ça?
-Comment veux-tu que je le sache?
-On ferait peut-être mieux d’aller voir…
-Non, Leliane…

Voyant que je ne l’écoutais pas et que je me dirigeais résolument vers l’origine du bruit, soi l’auditorium, il se tourna pour la première fois vers Erich et lui adressa la parole.

-Et, toi, tu pourrais pas lui parler, lui dire que c’est pas une bonne idée?
-Je…
-Laisse tomber. Tu es aussi inutile que peureux. Leliane, reviens ici!

S’il avait su montrer la moindre petite inquiétude dans sa voix, je me serais peut-être arrêter. Mais même là, il n’avait ni inquiétude, ni colère, ni même des reproches dans ses intonations. Seulement son éternelle neutralité. Il me suivait pourtant, mais ne tenta pas de me retenir. Peut-être était-il lui aussi curieux sur ce qu’il se passait dans l’auditorium…
Je poussai la porte, puis me figeai dans l’entrée. Si j’avais su d’avance ce qu’il y avait là, il était certain que j’aurais passé mon chemin. Je commençais à m’habituer à la présence des zombies. Oui, car au final, ils se ressemblent tous et sont aussi idiots que prévisibles. Keith aurait dit la même chose de moi…
Sur la scène de l’auditorium, une échelle était tombée. Jusque là pas de problème, jusqu’à ce que je lève les yeux au plafond. Une jeune fille se tenait là. Je la reconnu immédiatement : Rose! Je m’apprêtai à crier son nom, quand je vis ce qu’elle était en train de faire. Elle tenait dans ses mains une corde qu’elle attachait solidement à une des lumières, tout en essayant de ne pas tomber par terre. Le nœud coulissant au bout de la corde me glaça le sang… non…

-Rose, murmurai-je d’une voix plus faiblarde que ce à quoi je m’attendais.
-Tu la connais?

Keith et Erich m’avaient rejoint. Ni l’un ni l’autre ne faisait un geste, comme s’ils en étaient venus à la même conclusion que moi. Je ne pouvais pas laisser Rose faire une chose pareille! Elle était ma colocataire, une de mes seules vraies amies dans le pensionnat!

-Rose, criai-je.
-Leli? Leli, c’est toi?

Ça voix tremblait autant que la mienne. Je m’empressai de dévaler les marches pour me rendre à la scène. Je repris l’échelle et tentai de la relever. Elle me dévisagea d’un regard noir.

-Qu’est-ce que tu fais, Leli?
-Je monte te chercher…
-Non! Non, je veux pas! Laisse-moi en finir, s.t.p. J’aurais du t’écouter, hier soir… Mais je ne te croyais pas. Mais de toute façon, regarde où ça nous mène! Nous allons tous mourir de toute façon.

Sa voix se brisa sur son dernier mot, et elle éclata en sanglot. Les larmes commençaient à couler sur mes joues, mais les miennes étaient silencieuses, et froides.

-Écoute, Rose. Nous avons déjà survécu jusqu’ici. Nous pouvons bien nous en sortir, non?
-Tu ne comprends pas, Leli, il n’y a aucune chance de survie! Notre ville est un coin perdu, loin de tout. Les renforts ne viendront pas, et qui sait si le reste du monde n’est pas déjà détruit? Je ne veux pas finir un zombie!
-Rose, comment as-tu fait pour venir jusqu’ici?

Une voix calme, neutre. Fort différente des voix en larmes et brisées qui ponctuaient notre échange, entre Rose et moi.

-T’es qui, toi?
-Un ami de Leli. Keith.

Je tiquai sur le mot ami. C’était la première fois qu’il l’utilisait en parlant de nous. Il n’y a pas si longtemps encore, il utilisait le mot « partenaires» pour désigner notre relation. En d’autres temps et lieux, j’aurais été heureuse du changement de terme. Mais présentement, j’étais loin d’avoir la tête à me réjouir.

-Alors tu prendras soin de Leli pour moi, s’il te plaît.
-D’accord, si tu réponds à ma question.
-Quand j’ai vu que cette folle de Leliane s’habillait pour se diriger dehors, je commençai à doutai que ce qu’elle avait vu ne soit pas qu’un cauchemar. Alors je me suis habillée pour la rejoindre. J’atteignis le hall quand elle se sauvait dans le secrétariat. Voyant les cadavres qui s’approchaient de moi, j’ai courus vers le bâtiment des loisirs. Je les ai semés. Mais on ne les sèmera jamais pour de bon. Ils sont trop nombreux, ils les ont tous eus… et se sera bientôt notre tour. Je veux pas devenir une morte vivante. Alors autant en finir maintenant.
-Rose, si nous avons réussi à survivre jusqu’ici, commençai-je.
-Leli, tu as peut-être la force et le courage d’affronter une armée de mort-vivant, mais pas moi. Je n’en peux plus, c’est au dessus de mes forces. Keith, c’est ça? Prend bien soin de mon amie, elle peut être plus fragile qu’il n’y paraît.
-Rose, tu ne devrais pas faire ça…
-Promet, Keith!
-Je te le promets, Rose. Mais nous surveillerons Leli ensemble.
-Non.

Elle ferma les yeux un instant, et poussa un profond soupir. Je profitai de cet instant de silence pour placer l’échelle comme il faut, et je commençai à grimper dedans. J’allais déloger Rose de son plafond de gré ou de force. Elle n’allait pas se suicider comme ça, je ne la laisserais pas faire!
Lorsqu’elle ouvrit les yeux, ceux-ci étaient tristes, mais sec. Sa voix ne tremblait même plus. Je pouvais lire en elle une triste résignation, mais une détermination froide et forte, indestructible.

-Leli, j’espère te revoir dans l’autre monde le plus tard possible. Je te souhaite la meilleur des chances, moi, j’abandonne la partie.
-Non!

Je n’eus pas le temps de l’atteindre. Déjà, elle passait la corde autour de son coup et se lançait dans le vide. Je franchis les derniers barreaux qui me séparaient encore de mon amie, puis j’essayai de la décrocher. Souvent, on pense que la pendaison est une mort lente, mort par asphyxie à cause de la corde qui bloque la respiration. Mais il en est autrement. La mort par pendaison est rapide et sans souffrance, par la rupture de la nuque. Je n’avais aucune chance de sauver mon amie… et pourtant, je m’efforçais de la décrocher, simplement parce que je n’arrivais pas à croire en l’évidence. Rose c’était suicidée.
Je serais sûrement resté à pleurer en haut de l’échelle jusqu’à ce que mon corps se vide en entier de l’eau qu’il contient si Keith ne m’attendait pas en bas. Il criait mon nom, montrant pour la première fois un peu d’inquiétude à mon égard. C’est peut-être cette petite trace d’humanité de sa part qui me fit descendre.
Je remarquai avec amertume que je collectionnais dans ma mémoire tous les petits moments où il montrait un peu de sentiment. Ses sourires, son rire que j’avais eu la chance d’entendre qu’une seule fois, et maintenant la légère trace d’inquiétude, subtile mais pourtant présente.
Dès que je posai le pied sur le sol, il me prit dans ses bras comme s’il avait peur que je tombe sur le sol. Puis il m’entraîna vers la sortie, Erich suivant calmement derrière. J’avais beau le frapper, le gifler, le traiter de tous les noms possibles et inimaginables… Il continuait encore et toujours de me traîner de force vers la sortie de l’auditorium. Je ne voulais pas sortir! Je voulais rester avec Rose. Je ne voulais pas croire qu’elle avait vraiment fait ça…
Je me clamai seulement rendu à l’extérieur, la porte de l’auditorium bien fermé. Quoique calmé n’est peut-être pas le mot. Je continuais à pleurer et à sangloter, mais je n’essayais plus de rejoindre mon amie. J’étais devenue un peu plus raisonnable, si on veut.

-Ça va?

Le retour de sa voix froide et neutre. Il me posait la question seulement pour la forme. De mon côté, je ne réussi pas à lui répondre autrement que par un hochement de tête qui signifiait clairement un non. Erich semblait aussi bouleversé que moi, sinon plus. Il était pâle, tremblant, comme figé dans du plâtre. J’aurais pu passer la nuit au complet figée comme lui, en essayant d’accepter la mort de Rose. Mais Keith ne m’en laissa pas le temps.

-Désolé, Leli, mais il faut y aller. À moins que tu ne veuilles la rejoindre au plus tôt. Mais je lui ai promis de m’occuper de toi, et je déteste rompre des promesses.

Je n’avais pas le droit de le haïr parce qu’il avait raison, mais en ce moment, je l’aurais bien égorgé juste parce qu’il ne respectait même pas une minute de silence pour mon amie. Il me tendit la main pour m’entraîner dans le corridor. Au lieu de la prendre, je lui jetai un regard noir, avant d’aider Erich à avancé. Le pauvre petit était plus faible que moi. Personne ne devrait vivre des situations comme la notre, tout ça est injuste.
Nous n’avions pas fait trois pas que des coups de feus résonnèrent un peu en avant. Keith ne prit même pas la peine de s’arrêter, au contraire, il se mit à avancer plus vite.

-C’était quoi, demandais-je de ma voix encore brisée.
-Des coups de feu.
-Ben tiens! Comme si j’avais pas entendu. Mais mon sieur le premier de classe refuse d’affronter des zombies, et il se dirige tout droit vers une source potentiel de danger.
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Jeu 28 Mai - 4:33

-Idiote. On entend les zombies à des kilomètres à la ronde, avec leurs lamentations, hors en face de nous, c’est le silence. Et puis, si toi tu n’Arrives pas à voir plus loin que le bout de ton nez, moi oui.

Je retins les insultes que je m’apprêtais à lui lancer en pleine figure. Au moins, l’angoisse des coups de feu m’aida-t-il à mettre en veilleuse mon deuil de Rose. Je continuerai à la pleurer quand nous serons en sécurité. J’essuyai mes larmes d’un geste rageur avant d’essayer de voir plus loin dans le couloir. C’était trop sombre pour que je réussisse à voir loin. Comment Keith faisait-il? Il avait des yeux aux rayons X, peut-être? Ou plutôt aux infrarouges…
Jumelés à son calme troublant en toute circonstance, je commençais à croire de plus en plus qu’il n’était pas normal. Un démon, ou un vampire, comme son surnom, peut-être… L’Edward Cullen canadien… Ou peut-être pas. Je n’arrivais pas à l’imaginer dans le rôle du gentil.
Mes pensées furent interrompues par une mare rouge sombre qui s’écoulait sur le sol. Keith s’y étais arrêtés. Il regardait à l’intérieur de la petite salle, apparemment indécis. Je remarquai que la salle en question était le bureau des gardiens de sécurité.

-Un deuxième suicide en deux minutes, chuchota-t-il.
-Un des gardiens?
-Oui.

Je fermai les yeux, revoyant la scène encore récente de Matt, le policier qui m’avait appris à tirer. Le premier meurtre que j’ai fait… Je n’avais pas encore dormi depuis, et j’avais l’impression que j’aurais de la misère à m’endormir. Les cauchemars me veillaient.
Laissant Erich un instant, je m’avançai dans la petite salle. Je me penchai sur le cadavre et commença à fouiller dans ses poches. Keith fit de même quelque secondes plus tard.

-Qu’est-ce que vous faites, nous demanda Erich de sa voix blanche.
-C’est un gardien de sécurité, répondis-je. Et il s’est suicidé avec un gun.
-Donc il a sur lui des armes et des munitions, finis Keith.
-Pour…pourquoi faire?
-Mettre du plomb dans la cervelle de zombie! Ah moins que tu ne préfères le corps à corps…

Je jetai un autre regard noir à Keith. Il s’amusait littéralement à faire peur à ce pauvre Erich. On ne joue pas avec les sentiments des autres, comme ça! Je ne comprenais pas pourquoi il agissait ainsi. Il était simplement méchant, en se moquant délibérément. Alors que dans ces temps difficiles, nous devrions tous nous entraider…
Keith ramassa le fusil sur le sol. Un .22, tout comme le mien. C’est donc que les munitions que nous trouverions pourraient aussi servir à remplir mon chargeur. Nous décidâmes de nous les partager. Keith ramassa un chargeur de 6 balles et un de 3. Je ramassai un chargeur de 6 balles, plus le couteau que le gardien portait à sa ceinture. C’était normal, puisque Keith ne ferait jamais de corps à corps. Je n’avais pas peur de la douleur, et j’étais insouciante en combat. Un peu comme les zombies.
Erich profita de notre petite discussion à savoir qui ramasserait quoi pour aller gerber dans les toilettes d’à côté. Pauvre petit. Alors que moi je commençais à m’habituer à notre situation, lui ne s’y faisait pas du tout. Il lui faudrait bien, pourtant, sinon ce n’est pas comme ça qu’il réussira à survivre.

-Tu sais comment tirer, Keith?
-Non, tu sais?
-Oui, Matt m’a appris. C’est pas bien compliqué.

Je fus un peu jalouse de lui. Il mit moins de temps que moi à comprendre comment ça marchait. Restait maintenant à savoir lequel de nous deux est le plus précis, mais ni lui ni moi ne voulait essayer, de peur de gaspiller de nos précieuses munitions. On se pratiquerait sur les prochains zombies qui menaceraient directement notre vie.

-Bon, maintenant plus vite on sera sortis d’ici, mieux je me porterai.
-Tu penses vraiment qu’on réussira à dénicher un train pour s’enfuir de la ville?
-Il le faudra bien.

Nous nous apprêtions à descendre les escaliers pour se rendre à la bibliothèque quand une mélodie nous parvint. Une mélodie au piano, douce et sombre, mélancolique. Elle était simplement magnifique. C’était impossible qu’un zombie réussie à jouer une mélodie aussi belle. Je fus surprise de voir Keith figé sur la première marche de l’escalier. Il commença à murmurer les notes au fur et à mesure qu’elle nous parvenait. Je surpris même ses doigts en train de jouer sur un piano imaginaire, le temps d’une demi-seconde. Puis il se reprit.

-Un autre survivant, dis-je. Nous pourrions aller voir.
-Non, ça nous retarderait.
-La musique est jolie pourtant, murmura Erich.

Il se dirigea vers la salle de musique de laquelle sortait cette douce mélodie. Je le suivis, et Keith n’eut d’autre choix que de nous suivre. Moi qui croyais qu’il allait nous rappeler tous les dangers, nous avertir de descendre et de sortir le plus tôt possible de l’école… Il se tut, simplement. Comme si une partie de lui tenait à aller voir la source de la mélodie. Je ne savais pas qu’il était sensible à la musique.
Je fus à moitié surprise de voir notre professeur de musique en train de jouer du piano. Ses doigts glissaient sur les notes et formaient la jolie mélodie. Elle se tut en sentant notre présence. Lorsqu’elle releva les yeux de sa partition, nous pûmes voir à quel point ceux-ci étaient vitreux, à quel point elle était pâle. On visage s’éclaira lorsqu’elle aperçut Keith, légèrement en retrait derrière Erich et moi.

-Keith Way! Il est rare que je te voie dans ma salle de musique. Je croyais que tu ne jouais plus parce que tu te trouvais trop bon pour le niveau de la classe.
-Je ne suis pas venu pour jouer, mademoiselle.
-S’il te plaît… Je vais mourir bientôt, Keith. Le mal progresse, et il n’existe nul remède. S’il te plaît, joue avec moi une dernière mélodie. Pour mes dernières volontés.

Je pouvais voir les larmes perler au coin des yeux de notre professeure. Elle tenait véritablement à finir sa vie devant son piano, à jouer avec celui qu’elle semblait considéré comme son meilleur élève. Je n’étais pas surprise d’apprendre que Keith jouait bien. À part l’éduc et les relations sociales, je ne connais pas grand-chose qu’il ne réussit pas. Lorsque je le regardai marcher lentement vers le piano pour prendre place sur le banc à côté de notre prof, mon cœur manqua un battement. J’avais vraiment envie de l’écouter jouer.
Il avait assisté au cours de musique les deux premiers mois de l’année, sans jamais daigné poser le doigt sur un instrument. Puis, il avait demandé un transfert et avait fini l’année dans la classe d’arts plastique. Du moins, jusqu’à maintenant, puisque l’année n’était pas encore finit. Et qu’elle ne se finirait pas.
La prof sourit, puis elle fouilla maladroitement dans ses partitions pour y trouver celle qu’elle cherchait. Ses doigts tremblaient lorsqu’elle les posa sur le clavier. Elle sourit maladroitement à Keith, avant de commencer à jouer. À peine deux secondes plus tard, lui aussi laissait ses doigts glissés sur les notes.
La mélodie n’était pas la plus belle que j’avais entendue de ma vie, mais en cet instant, je ne croyais pas que plus belle mélodie pouvait exister. Malgré les quelques fausses notes qui ressortaient parfois, et les grimace que faisaient la prof dans ces cas-là, Erich et moi écoutions la musique comme si aucune mélodie ne pouvait être plus belle. Elle était loin d’être heureuse et enjoué; elle ressemblait plutôt aux mélodies que l’on jouerait pour un enterrement.
Les dernières notes semblèrent s’éterniser alors que la mélodie faiblissait peu à peu. L’illusion de paix éphémère que nous avait donnée la mélodie s’estompait maintenant, et les lamentations des zombies nous redevinrent perceptibles. J’avais presque réussis à les oublier, l’espace d’un instant.
Nous restâmes tous silencieux un moment, aucun de nous désirant rompre le silence, de peur que sa voix ne tarisse le souvenir de la mélodie. Jusqu’à ce que la prof ouvre la bouche, sûrement dans d’ultime remerciement. Sauf qu’elle n’eut pas le temps de les formuler. Keith avait levé son pistolet, et l’avait utilisé pour la première fois. Le corps sans vie tomba sur les notes du piano, faisant résonner une dernière l’instrument avant de rendre définitivement l’âme.
Je sentis qu’Erich allait protester, poser plein de question à Keith. Question dont je connaissais déjà les réponses. Je l’en empêchai. Non seulement je ne voulais pas d’une bagarre verbale entre les deux gars, mais je ne voulais pas non plus que le silence du moment soi dérangé. Cette fois, c’est moi qui poussais Erich en dehors de la salle, alors que Keith nous suivait en silence.
Je comprenais pourquoi il l’avait tué. Il lui avait offert une mort rapide, au lieu de la laisser souffrir le reste de sa transformation avant de passer une éternité à l’état de zombie. Bien sûr, cet acte devait lui peser, s’il était le moindrement normal. Je comprenais ce qu’il vivait en ce moment puisque j’avais vécu la même chose pas plus tard que ce matin, même si j’avais l’impression qu’un siècle s’était écoulé depuis. Dans quelques heures, l’angoisse lui aurait fait oublier tout ça.
Mais Erich ne pouvait pas comprendre. Il se bornait à fuir, se cacher, se plaindre. Il n’essayait même pas de survivre. C’était triste à vivre, mais je sentais qu’il nous ralentissait. Et qu’en cas d’une autre attaque de zombie, il n’avait pas grand chance de s’en sortir. Mais ce n’était pas une raison pour l’abandonner. Tant qu’il y avait un espoir, je ne l’abandonnerais pas. Comme je n’abandonnerai pas Keith, malgré le fait qu’il m’énerve, qu’il soit arrogant, froid, et certainement un démon ou une autre créature de la nuit tout aussi démoniaque.
Nous descendîmes les escaliers pour se rendre à la bibliothèque, et éventuellement à la sortie. Aucun de nous ne parla, jusqu’à ce que nous franchissions les portes de la bibliothèque.

-Qu’est-ce qui s’est passé ici, chuchota Erich.
-Aucune idée.

La bibliothèque était sans dessus dessous. Certains étagères étaient renversés, d’autres complètement vidés de leur livre. Ceux-ci étaient éparpillés un peu partout sur le sol, des pages avait été arrachés de certains, d’autres livres avaient été brûlés.
Keith s’avança silencieusement dans la bibliothèque, le regard fermer. Il s’enfonça dans une allée sans dire un mot. Erich fit de même, dans une autre. Bon, puisque les deux gars avaient décidé de s’attarder à un peu de lecture, autant faire de même. Je me dirigeai vers une autre allé, regardant les livres et les pages qui s’étendaient à mes pieds. Un vieux livre à la reliure de cuir attira mon attention. La reliure avait été brûlée, si bien que je ne pouvais en lire le titre.
Je le ramassai toutefois. La majorité des pages jaunies avaient été arrachés, et d’autres avaient étaient brûlés. Il n’en restait plus que quelques une, une dizaine, au total. Mais ce fut toutefois assez pour que je puisse identifier le livre ancien. Je commençai à lire les premières lignes visibles.
« Apocalypse 9
9.1 Le cinquième ange sonna de la trompette. Et je vis une étoile qui était tombée du ciel sur la terre. La clef du puits de l'abîme lui fut donnée,
9.2 et elle ouvrit le puits de l'abîme. Et il monta du puits une fumée, comme la fumée d'une grande fournaise; et le soleil et l'air furent obscurcis par la fumée du puits.
9.3 De la fumée sortirent des sauterelles, qui se répandirent sur la terre; et il leur fut donné un pouvoir comme le pouvoir qu'ont les scorpions de la terre.
9.4 Il leur fut dit de ne point faire de mal à l'herbe de la terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui n'avaient pas le sceau de Dieu sur le front.
9.5 Il leur fut donné, non de les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois; et le tourment qu'elles causaient était comme le tourment que cause le scorpion, quand il pique un homme.
9.6 En ces jours-là, les hommes chercheront la mort, et ils ne la trouveront pas; ils désireront mourir, et la mort fuira loin d'eux. »
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Jeu 28 Mai - 4:35

Je refermai rapidement le reste de la Bible, la laissant retomber sur le sol, au milieu des autres débris de livre. Si on oubliait qu’ici, il s’agissait de sauterelle, la situation ressemblait étrangement à la nôtre. Nous ne connaissons pas encore la longévité des zombies, mais je n’avais aucune difficulté à croire que c’était cinq mois. Bon, je commençais peut-être à devenir paranoïaque. Mais les vieilles prophéties de la Bible ne m’aidaient pas, au contraire, elles attisaient mon imagination.
Je ne pus m’empêcher de repenser à la fin du monde prévu pour 2012. Apparemment, les Mayas c’étaient gourés dans leur date, puisque nous étions qu’en 2009, et que pour moi, ce que nous vivions était assez proche de la fin du monde. De mon monde, en tout cas. Peut-être que ce que nous vivions à l’instant était le prélude à l’apocalypse? Je ne pus empêcher des frissons me parcourant l’échine.
Abandonnant l’allée, je me dirigeai rapidement vers la porte. Je l’ouvris en grand, respirant l’air frais de la nuit. Une petite lueur faiblarde dans le ciel m’annonçât que l’aube ne tarderait pas à se lever. J’aurais du être fatiguée, mais l’adrénaline et la peur gardait tous mes sens en éveil. L’instinct de survie, aussi. Je ne voulais pas mourir, j’étais encore trop jeune pour ça.

-Keith, Erich! Est-ce que vous allez vous éternisez ici encore longtemps?
-Chut, Leli. Il faut respecter la règle du silence à la bibliothèque.

Je répondis à son sourire moqueur par une grimace. En m’entendant ouvrir la porte, il avait déjà commencé à se rapprocher, conscient qu’il nous fallait quitter l’école avant que les zombies ne se rendent jusqu’ici. Pourtant, aucun de nous trois étaient véritablement pressé de quitter l’endroit. Malgré les zombies, le pensionnat restait quand même le lieu qui incarnait la sécurité pour nous, là où nous avons vécu tout le reste de l’année. L’extérieur, on le connaissait moins. Mais nous ne pouvions pas rester ici indéfiniment. Il nous fallait sortir de la ville, et la gare de train nous semblait la meilleure alternative. Il nous fallait donc quitter la supposé sécurité.
Je remarquai que Keith avait fait provisions de crayons. Il était encore en train d’écrire dans son petit cahier, ce qui m’agaça royalement. Erich nous rejoignait déjà, la tête plongé dans un livre dont le titre ne me dit absolument rien.

-Qu’est-ce que tu écris, encore?
-C’est pas tes faire, me lança-t-il sans même lever la tête de son cahier.
-Je veux savoir, le suppliais-je.

J’avais conscience d’agir en gamine, mais au moins, ça me permettait d’oublier les zombies et l’apocalypse. Je tentai de lire par-dessus son épaule, mais il referma son cahier avant de me jeter un regard noir.

-Bon, on y va ou on attend la nuit prochaine?
-Je vais finir par croire que tu fais vraiment qu’étudier, dans ton cahier.
-Qu’est-ce qui te dis que ce n’est pas vraiment ce que je fais?

Il rit légèrement avant de sortir de l’école, suivit de près par Erich. Je restai bouche bée un moment. Non, il plaisantait. Personne de sain d’esprit ne penserait à étudier quand la totalité des profs sont transformés en mort-vivant. Quoique à bien y réfléchir, Keith n’était pas sain d’esprit. Il pourrait très bien être véritablement en train d’étudier…


Ah oui, et pour ceux qui se poserait la question, j'ai véritablement lu l'Apocalypse selon la Bible au complet pour trouver un passage qui fitterait ne serait-ce qu'un peu avec mon histoire... Je vous la conseille pas comme lecture du soir... Une messe plus épeurante que mon livre! Les gloires à Dieux font plus peur que mes lamentations de zombies...
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Mer 10 Juin - 1:23

Chapitre 7
Dehors, les nuages commencèrent à déverser leur gouttes d’eau, d’abord lentement, puis de plus en plus vite. La pluie réduisait notre visibilité, et plaquait nos vêtements et nos cheveux sur notre corps. Bien vite, je fus transi de froid. La pluie était froide et cruelle dans ce début de printemps.
Pourtant, pas une seconde ne me vint à l’esprit l’idée de retourner dans le pensionnat. Nous avions beau ne pas être plus en sécurité dehors qu’à l’extérieur, nous nous approchions quand même de notre chance de fuir, et la simple idée d’une sécurité totale et complète un jour plus ou moins proche me faisait défier la pluie et le froid qui s’engouffrait maintenant jusqu’à mes os.
Par pur réflexe, j’enroulai mes mains autour de mon ventre comme pour retenir la chaleur de mon corps, sans succès. Je vis que Erich et Keith avait fait de même. Tous les deux devaient avoir aussi froid que moi, mais aucune de nous trois ne parla. Aucun ne voulait briser le silence, et avec la pluie, tous les sons semblaient étouffés, de toute façon. Même les lamentations des zombies baissèrent de volume, comme s’ils étaient plus lointains. Personnellement, je ne trouvais pas m’en plaindre.
J’avais toutefois l’impression que nous n’avancions presque pas, malgré notre course. On courait vers où, d’ailleurs? Aucun de nous trois n’auraient pu le dire, j’imagine. Fuir le pensionnat, et nous donner l’illusion de fuir tout danger du même coup.
Un cri étranglé nous figea dans notre course. D’ailleurs, courir ne servait plus à rien puisque nous étions trempés. Nous tendîmes l’oreille pour percevoir de nouveau le bruit.

-Ça vient de par là, nous pointa Keith. Une silhouette agenouillée dans l’herbe.
-Comment tu vois ça?

Il haussa les épaules. Il n’y avait pas assez de lumière pour que je remarque la silhouette se découper sur le sol déjà noir. Nous dûmes approchés de quelques pas pour qu’Erich et moi puissions voir ce que Keith voyait déjà depuis un moment. Comment pouvait-il voir aussi bien de nuit? Ce n’était pas possible pour un être humain! On dit que les vampires peuvent voir dans le noir, puisqu’ils vivent la nuit. J’imagine que les démons ça doit être la même chose. Je n’arrivais pas encore à me décider entre les deux… Si ça se trouve, il est une sauterelle démoniaque de l’Apocalypse…
La silhouette sembla se tordre de douleur devant nous, à encore quelques mètres.

***

J’avais beau être angoissé un max, sur le bord de m’évanouir de peur, la silhouette qu’avait vu Keith me rendait curieux. Je ne voulais pas chercher de quoi il retournait, j’avais bien trop peur. Je savais que si je me laissais aller, mon imagination, couplé à mon angoisse, allait me faire voir n’importe quoi et je finirais fou. Ou mort. Mort était plus juste dans mon cas. Je n’en pouvais plus, peut-être comme cette silhouette à l’agonie.
Elle se roulait maintenant sur le sol, en proie à des souffrances horribles Dans un certain sens, j’avais le goût de l’aider et d’en terminer avec ses souffrances. Seulement je n’en aurai jamais la force, ni le courage. La fille qui nous accompagnait, Leliane je crois, devrait en être capable. Mais je n’oserais jamais lui demander. C’était déjà beaucoup qu’ils acceptent de rester avec moi, alors que Keith semblait croire que je les dérangeais…
Soudain, d’un seul coup, la silhouette se releva. Il faisait assez clair pour découper parfaitement sa silhouette dans la pluie. Ses hanches fines, sa longue chevelure noire de jais quoique plus emmêlée que d’habitude, sa peau que je devinais de satin, malgré les mètres qui nous séparaient encore…

-Mary!

J’avais refusé de penser à elle. Depuis que je m’étais fait attaquer par des morts-vivants et que j’avais trouvé refuge dans le frigidaire, je m’étais refusé à penser à elle. Il y avait trop de chance qu’elle soit morte, trop de chance qu’elle se soit fait tuer par les zombies que je savais que si je pensais à elle, j’allais finir par craquer et me laisser mourir.
Je n’avais aucune idée de comment elle avait pu réussir à survivre jusqu’à maintenant. L’hypothèse la plus plausible était qu’elle se soit jetée de sa fenêtre pour fuir les zombies. Je ne pensai pas à relever la tête pour vérifier, j’étais trop obnubilé par sa vision. Elle était encore vivante, ma douce moitié, mon cœur, la fille qui garde mon cœur précieusement entre mes mains…
Je voulus courir vers elle, la rejoindre, l’aider, lui dire que tout allait bien, que nous allions nous en sortir… Des bras me retinrent. Sans réfléchir, je me retournai violent et frapper en pleine poitrine Keith. Je ne vérifiai pas si je lui avais fait mal. Il m’avait lâché, c’était ça l’essentiel. Je pus courir vers Mary, vers ma blonde. Rien n’y personne ne pourrait m’empêcher de rejoindre ma moitié.

***

-Non, Erich, reviens! C’est dangereux!

J’avais beau lui crier de revenir, rien n’y faisait. C’était comme s’il était sourd, et qu’il ne m’entendait pas du tout. J’étais partagé entre le désir de courir après lui pour le rattraper ou vérifier l’état de Keith. Après avoir encaissé le coup, il était tombé au sol, preuve flagrante de son manque d’éducation physique…

-Laisse-le, il est trop tard pour lui, maintenant.
-Mais il…
-Il a choisi sa mort…

Keith se relevait péniblement, encore le souffle court. Il n’était vraiment pas résistant, ou bien c’était le manque de sommeil. Rassurer sur son sort, je me tournai vers Erich. Il venait de rejoindre son amoureuse, si j’avais bien compris. Je le vis la prendre dans ses bras, alors que la dénommé Mary ne semblait pas réagir. Je ne voyais pas très bien, mais je crus voir des larmes aux yeux d’Erich, et un léger sourire se dessiner sur le profil de sa blonde. Et pourtant, les cris de douleurs qu’elle avait poussées plus tôt ne faisaient aucun doute sur ce qu’elle était devenue.
Je ne pus réussir à détourner le regard lorsque je vis Mary mordre dans le coup d’Erich. De toute façon, même en fermant les yeux, j’aurais compris la scène rien qu’aux cris que le garçon poussait.
Keith me prit la main et m’attira dans ses bras. Ce n’est qu’à ce moment-là que je compris que mes larmes s’était remise à couler le long de mes joues. Je commençais aussi à sangloter. Je me collai contre lui alors qu’il me caressait le dos et les cheveux en signe de réconfort. Je ne sus dire combien de temps ce moment dura, mais certainement pas très longtemps. Nous devions nous enfuir avant que les deux zombies ne nous pourchassent. Bien que nous ayons des armes pour les tuer, je ne voulais pas faire mourir ainsi la preuve physique d’un amour inconditionnel… Erich avait peut-être été un trouillard, à la fin de sa vie il aura toutefois fait preuve d’immensément de courage afin de rester unis avec la fille qu’il aime.
Après ce qui me sembla que deux ou trois secondes, Keith me tira en sens opposé des zombies. Mes larmes continuaient de couler, mais mes sanglots s’étaient tus. Heureusement pour nous, le zombie prenait son temps pour manger, et il ne semblait pas près d’avoir fini. Nous nous enfuîmes donc sous la pluie avec en arrière-plan la douce mélodie des cris de douleur de celui qui était encore notre compagnon il n’y a pas si longtemps…

On arrêta de courir lorsque les cris se turent. De nouveau, autour de nous il n’y avait que le silence de la pluie, et le bruit de nos souffles qui s’apaiserait dans pas longtemps. Je me rendis compte que j’avais fini de pleurer. La course m’avait changé les idées, m’empêcher de repenser à tout ce que j’avais vécu en 24h et tout ce qui me restait à vivre avant de pouvoir m’en sortir. Car ça n’allait pas se terminer comme ça, non? J’espérais seulement que la suite soit plus facile que le début, mais je doutais qu’une telle prière fut exaucée. D’ailleurs, si Dieu existait, il ne laisserait pas des morts-vivants nous attaquer et nous bouffer.

-Ça va, tu vas tenir le coup? me demanda Keith.
-Oui, oui, t’inquiète.
-Bon… Tu as une idée où on pourrait passer la nuit?
-À l’église?

J’avais laissé échapper. Je n’y pensais pas vraiment… mais Keith me dévisagea d’un air bizarre avant de partir à rire. Il ne rit pas longtemps, mais ce fut assez pour que je le dévisage à mon tour. Un étrange sourire resta flotté sur ses lèvres.

-Tu penses que les zombies ne s’attaquent pas aux églises?
-Je ne sais pas! Mais une chose certaine, on pourra se repentir, se faire pardonner nos pêchés et prier Dieu qu’il nous vienne en aide!
-Depuis quand tu es croyante?
-Depuis demain.
-Quoi?
-Si on s’en sort, je promets d’aller à l’église tous les dimanches.
-Heureux de voir que tu gardes le sens de l’humour malgré notre situation précaire.
- Je ne vois pas pourquoi il faudrait faire une face d’enterrement. Si ça se trouve, personne ne viendra pour nous enterrer, de toute façon.
-Le pessimiste te va mal, Leli. Tu devrais me laisser cette job.
-Toi tu n’es pas pessimiste, tu es juste trop terre à terre et sans émotion aucune.

Un silence s’installa entre nous deux. Nous marchions vers nulle part, tête baissée. J’étais toute mouillée et je commençais à avoir froid. J’étais assez découragée aussi, il fallait me l’avouer. La pluie rend plus sombre, j’en avais là un parfait exemple. Avec la fatigue accumulée en plus, il était normal que je sois négative.

-L’église est une bonne idée, dit-il, simplement.
-Quoi? m’exclamais-je, surprise.

Si je m’étais attendue à ce qu’il accepte une de mes idées… Qui n’était même pas bonne, en plus! J’avais en tête le lieu sacré juste parce que j’étais tombé par hasard sur la bible un peu plus tôt, du coup j’avais la religion en tête. L’église n’était pas si loin, et elle serait sec. Et je ne pouvais m’empêcher d’espérer que les zombies ne s’approchent pas de ce Saint lieu. Un espoir idiot, mais un espoir quand même.

-Bon, alors allons-y, laissai-je tomber d’une voix morne.
-Quel enthousiasme!
-La ferme.

Il était rare que je ne sois pas d’humeur à parler, mais en ce moment c’était le cas. Heureusement, Keith sembla le comprendre, puisqu’il ne rajouta rien. Je pus donc me perdre tout à loisir dans mes pensées, tandis qu’on s’avançait d’un pas lent en direction de l’église.
Le pensionnat avait été construit en dehors de la ville pour permettre aux élèves de se concentrer uniquement sur leurs études, sans être déconcentrées par des fenêtres menant sur les activités dans les rues. Aussi, il était plus difficile de s’enfuir de l’école pour rejoindre la ville. Suffisait de mettre des gardiens sur le chemin menant du pensionnat à la ville et on réduisait de moitié les jeunes qui ne voulaient pas aller en cours. Et qui n’avaient pas été assez brillant pour trouver l’accès au toit, à où il y a nulle caméra. Toutes sortes de raisons pour laquelle nous étudions loin en dehors de la ville. Pour l’église, les raisons étaient toutes autres.
Lorsque la ville a été créé, au début ce n’était qu’un tout petit village de loyaliste américains qui avaient décidé de vivre en tant que nomade au nord de la frontière américaine. Ils vivaient de chasse et de pêche, de cueillette, comme l’ancien mode de vie. En arrivant au pied de nos montagnes, ils décidèrent de s’y installer au moins pour l’hiver. Ce qui devint un petit campement temporaire devint finalement un petit village. La vie s’organisait peu à peu et bientôt, de nouveaux colons vinrent s’installer à Haleyfield. La vie y était assez dure, mais plaisante.
Jusqu’à ce qu’un prêtre arrive dans ce petit village paumé, loin de tout, y compris des règles de la religion. Les habitants virent d’un mauvais œil l’arrivé d’un prêtre, aussi décidèrent-ils de le rejeter du village. Le prêtre ne se laissa toutefois pas abattre, et décida de construire son église en pleine forêt. Les hommes du village ne purent rechigner à un
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Message par Miyachi le Mer 10 Juin - 1:23

petit profit de plus, aussi acceptèrent-ils de construire l’église. C’était dans les années de la construction du Grand Tronc. L’arrivé du chemin de fer facilita la construction de l’église, mais une fois terminée, celle-ci ne fut jamais pleine à craqué. À peu près personne n’allait à la messe, presque personne ne payait la dîme, et la religion perdait de plus en plus de pouvoir dans tout le Canada, et surtout dans notre ville. Le bâtiment fut presque laissé à l’abandon, si ce n’est le vieux prêtre, et son remplaçant à la mort du dernier, qui s’occupa de l’église et l’empêcha de tomber en ruine.
Nous avancions maintenant sur le petit chemin de terre. Enfin, nous croyions que c’était le chemin. Si peu de monde l’avait emprunté qu’il était à peine marqué sur le sol. La forêt n’avait aucune misère à récupéré le sol sur le chemin. De l’herbe et des fleurs poussaient ça et là, des racines passaient à d’autres places.
Ce devait être toutefois le bon chemin puisque nous finîmes par atteindre le cimetière. Le seul cimetière de la ville, construit dans la cour de l’église. En fait, c’était l’église qui s’était construite à côté du cimetière.
Dès que j’aperçu les premières tombes, je me figeai. Keith se retourna vers moi avec un regard interrogateur.

-Tu ne veux quand même pas qu’on traverse le cimetière? demandai-je d’une voix blanche.
-Pourquoi pas? Faire le tour serait assez long…
-Je sais, mais c’est un cimetière! Là où les morts sont enterrés. Et qu’est-ce que des zombies?
-Des morts-vivants. Je suis pas idiot, Leli. C’est toi qui es idiote. Les morts du cimetière sont mort et bien mort, ils ne se relèveront pas pour venir nous dévorez. D’ailleurs tu là bien vu, les zombies ne s’intéresse pas aux cadavres.
-Je… N’empêche, c’est endroit me fous la trouille. On devrait s’éloigner, faire le tour… ou bien se diriger immédiatement vers la ville. Allez, tu viens, Keith?
-Espèce de trouillarde! C’est pas parce que dans les films, les cimetières sont les endroits les plus effrayants que c’est obligatoirement la même chose dans la réalité.
-Je n’ai peur de rien! Mais on ferait vraiment mieux de trouver un autre chemin… Je dois commencer une allergie aux zombies.
-Leli, murmura-t-il en soupirant, je laisserai rien t’arriver, ok? Je te jure qu’on ne se fera pas attaquer par un seul zombie tant qu’on sera dans le cimetière.

Il reprit ma main et m’entraîna doucement dans le cimetière. Je ne remarquai qu’à ce moment-là que la pluie avait arrêté de tomber, mais j’étais si mouillée que ça ne faisait pas grande différence. Il restait une petite bruine et les nuages étaient si bas qu’on ne voyait pas grand-chose dans la faible lueur de l’aube. Je crois même que Keith voyait aussi mal que moi, mais je n’en suis pas certaine. Il faudra que je finisse par lui poser toutes mes questions, sinon je n’en aurai jamais les réponses…
Aussi étrange que cela pussent paraître, il avait raison. Il n’y avait aucun zombie, aucun mort en train de sortir de leur tombe, aucun signe d’une présence quelconque, qu’elle soit humaine ou à moitié morte. J’en fus soulagée, mais j’avais quand même peur, et je tenais fermement sa main dans la mienne.
Un bruit résonna derrière nous. Avec un cri étouffa, je me collai contre Keith, dans un pur réflexe. Je l’entendis rire légèrement, mais je ne répliquai pas. Il n’y avait rien de drôle, aurais-je voulu lui répondre, mais j’étais trop occupée à avoir peur. Je restai toutefois collée contre lui, comme une fille aurait collé un coussin ou son amoureux pendant un film d’horreur.
J’avais l’impression qu’on faisait que tourner en rond. Les pierres tombales étaient toutes pareilles, le paysage morne et brumeux restait le même. J’avais hâte de quitter cet endroit maudit pour atteindre l’église et la protection de ses murs de pierre.
Je frémis en entendant croasser des corbeaux. Ce n’était pas un croassement habituel, on aurait dit que les corbeaux étaient fous, comme enivrés par quelque chose… je ne sais pas. Mais ils n’étaient pas normaux. Et ça me faisait peur.
Je ne savais pas où était les corbeaux. Je ne les voyait même pas. Et avec les sons étouffés par le brouillard et répercuté sur les pierres tombales, je ne pouvais pas être certaine de leur direction. Je me collai un peu plus contre Keith, si c’est possible. Il dut d’ailleurs le remarquer.

-Tant fais pas, Leli, ce ne sont que des corbeaux.
-Je sais… mais tu les as entendus?
-Oui. Ils sont peut-être fou, mais depuis les corbeaux attaqueraient-ils les humains?
-Depuis qu’ils sont devenus des zombies, eux aussi.
-Tu crois que les morts-vivants seraient assez rapide pour attraper un corbeau et le bouffé? Pas moi.
-Mais…
-T’inquiète, ça vas aller, je te dis! Mais on ferait bien de faire silence, quand même…
-Et après tu dis que ça vas aller…
-Simple mesure de prévention.

Nous retombâmes dans le silence, par simple mesure de prévention… Plus nous continuons d’avancer, plus j’avais l’impression que les corbeaux étaient proches. Je me forçai à penser à autre chose, à détournai mes pensées des affreux croassements. Tiens, ceux-ci enterraient les lamentations des zombies qu’on entendaient encore en sourdine. À bien y réfléchir, je crois que je préfère les lamentations que les croassements. Au moins, les zombies sont plus ou moins morts, alors que les corbeaux sont vivants… donc plus rapide et dangereux. Mais je suis stupide… depuis quand les corbeaux s’attaqueraient-ils à un être humain? Ce sont des oiseaux! Des oiseaux de malheurs, d’accord, mais des oiseaux quand même! Et je les voyais mal en train de s’attaquer à un humain. Ce ne sont pas des prédateurs, tout de même…
Bon, je pensais encore trop aux corbeaux… Changement de pensée : hop! Tiens, je n’avais pas remarquer l’immense silhouette noire qui commençait peu à peu à se détacher devant nous. C’était beaucoup trop gros pour être un caveau familiale. Il n’y avait aucun doute possible : c’était l’église. Nous étions presque arrivés, enfin ! J’allais courir dans cette direction, quand Keith se figea et me força à faire de même.

-Quoi?
-Chut!

Son regard était sérieux, alarmé, sa voix pressante. Qu’est-ce que… Nous avançâmes encore de quelques pas, puis je vis ce qu’il avait vu encore une fois avant moi. Les corbeaux. Sur le coup, je ne voyais que des corbeaux en train de s’affairer sur le sol, à se battre, à se donner des coups de becs comme pour avoir la meilleure femelle ou la meilleur partie de la viande. En y regardant d’un peu plus proche, je vis que le deuxième choix était véritable. Les corbeaux faisaient leur tâches de charognards en se battant pour de la viande qui traînaient dans le cimetière. Je ne voulais pas savoir d’où venait cette viande, mais quand j’ai vu un corbeau s’envolé, un œil humain dans le bec… Je ne pus m’empêcher de deviner.
C’était un cadavre, qu’ils dévoraient. Un cadavre tout ce qu’il y a de plus humains, même pas transformé en zombie ni rien. J’eus un violent haut-le-cœur, mais j réussis à ne pas vomir en me détournant de la scène et en bouchant mon nez. Malheureusement, je ne pouvais pas bouché aussi mes oreilles, et les croassements fous rappelaient à ma mémoire la scène que j’avais pourtant vue qu’une dizaine de seconde au maximum.
D’une légère pression sur ma main, Keith me fit comprendre que nous devions continuer. Je plongeai mon regard dans le sien. Il était tranquille, même pas affolé ou dégoûté. La scène qui se déroulait à côté de nous pourrait tout aussi bien être un vieux monsieur sur un banc en train de lire son journal que le regard de Keith aurait été aussi indifférent. Un tel calme en cet instant était impossible. Pour un humain en tout cas, c’était impossible.
Mais en ce moment, je ne pouvais que le remercier d’être aussi impassible. Je pris de la force dans son regard, pour pouvoir continuer et au moins me rendre jusqu’à l’église, en sécurité, avant de craquer pour une autre fois. Je voulais dormir aussi. J’avais besoin de dormir. Un petit coin de mon esprit me disait que si je m’endormais, quand je me réveillerais tout serait normale. Quoique j’avais vécu tant de chose qu’il me semblait impossible que tout ça ne soit qu’un cauchemar, sinon je me serais réveillé bien avant ça, n’est-ce pas?
Nous avancions lentement vers l’église le plus silencieusement possible. Tous les deux nous sentions que si on faisait le moindre bruit, le moindre geste trop brusque, nous attirions l’attention des corbeaux. Et alors, qui sait ce qu’ils pourraient faire? Je ne voulais pas savoir, je ne voulais pas y penser et je ne voulais pas essayer de deviner.
Je fermai les yeux et reprit mon souffle en même temps, en une grande respiration. C’est à ce moment-là que je posai le pied sur une branche qui traînait sur le sol. J’entendis le crack très distinctement lorsqu’elle se brisa sous mon poids. Je grimaçai en espérant que les corbeaux n’aie rien entendu. J’ouvris les yeux en me tournant vers eux. Le silence était si épais, si troublant après le bruyant brouhaha des corbeaux que c’en était impossible. Ils nous fixaient de leurs yeux noirs, du sang coulant de leur bec. Un frisson me parcourut l’échine. J’aurais préféré me battre contre une armée de zombie que contre une armée de corbeaux…
Habituellement, je fonce tête la première, sans prendre les risques en considération. Parce que les risques, je m’en balance. Qu’est-ce que je risquerais? Quelques blessures, c’est tout. Je ne peux craindre la douleur, alors je n’ai pas peur de me battre et de me donner à fond. Mais contre des corbeaux… ça me foutait la chienne. Peut-être parce que je venais justement de les voir bouffer un cadavre humain… Étaient-ils la version zombie des corbeaux normaux? Ou bien ce n’était que le goût du sang qui les avait rendus aussi fou…

-Ok, Leli. On vas reculer lentement, sans geste brusque…
-Silencieusement…

Nos chuchotements attirèrent quelques regards curieux des corbeaux. Certains penchaient la tête, comme pour se demander si nous serions un meilleur repas que le cadavre. Ils semblaient bien trop intelligents pour de simples bêtes. À moins que je n’ai jamais remarqué à quel point les corbeaux sont des bêtes intelligentes.
Ne pouvant rester là à attendre que les corbeaux se désintéressent de nous, nous continuâmes à avancer. Ou plutôt à reculer, pour être exacte. Nous regardions toujours les corbeaux, tout en reculant le plus silencieusement possible et le plus doucement possible. Ne pas les effrayer, ne pas les intéresser… Sortir du cimetière et disparaître dans l’église, là où ils ne pourraient pas nous rejoindre.
Mais regarder des corbeaux en reculant empêche de regarder aussi où on marche, et vers où on se dirige. Nous n’avions pas fait quatre pas que Keith s’enfargeait dans je ne sais quel pierre et tombait lourdement sur le sol. Ce fut le signal du départ pour les corbeaux.
Toutes les bestioles se lancèrent dans notre direction en mettant fin au silence avec le retour de leurs croassements fous. Couplé à leurs battements d’ailes affolés, je ne sais pas si je criai assez fort pour que Keith m’entende. Il était difficile de voir quelque chose, à cause de toutes ses plumes noirs qui emplissaient mon champ de vision.
Mon cour cessât de battre quand je l’entendis crier, tout proche de moi, mais pourtant si loin… Je commençai à battre des mains un peu n’importe comment pour dégager les corbeaux. Inutile de sortir mon pistolet, je ne serais pas capable de bien viser et je perdrais des balles pour rien. Hors je ne pouvais pas me permettre de gaspiller de précieuses munitions.
Je réussi toutefois à me frayer un chemin parmi la marre de corbeau jusqu’à atteindre mon compagnon. Il était recroquevillé sur le sol, en essayant de se protéger la tête des attaques des bestioles folles.
J’essuyai d’un geste la sueur de mon front. Je ne comprenais pas pourquoi j’avais chaud, puisque physiquement j’avais froid. Jetant un œil à ma main, je vis la couleur rouge, distinctives du sang. Super…

-Keith! Relève-toi ! Faut pas rester là!

Je n’entendis pas sa réponse, perdue dans le brouhaha de l’attaque. Je l’attrapai par le bras et le forçai à se relever. Nous devions réussir à atteindre l’église, sinon les corbeaux n’hésiteraient pas à nous manger morceaux par morceaux. Cette fois, c’était moi qui menais la course folle. Mon compagnon était bien trop occupé à se protéger la tête et le visage. Cette course m’étais douloureuse, mais pas physiquement. Je savais, bien sûr, que j’étais moi aussi attaqué par les corbeaux, qu’ils me donnaient des coups de becs et m’arrachaient des bouts de chairs, ou du moi asseyaient. Mais ça ne me faisait pas mal. J’avais mal pour Keith. Je ne pouvais rien faire pour l’aider, je ne pouvais dire nulle parole réconfortante, ni rien. La seule chose que je pouvais faire c’était l’entraîner à l’abri de l’église, mais celle-ci me paraissait incroyablement loin, alors que nous peinions à avancer sous les attaques répétés des corbeaux.
Je ne pourrais dire combien de temps nous mîmes pour finir de traverser le cimetière. Il me sembla pourtant que c’était des heures et des heures. Entre courir et se protéger, nous n’avions pas le réflexe de regarder où nous mettions les pieds. Je ne comptes plus le nombre de fois où nous sommes tombés, et où je me relevais et forçait Keith à faire de
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Re: Ma galerie sans image, ni dessin!

Message par Miyachi le Mer 10 Juin - 1:24

même. Je suis certaine que si je n’avais pas été là, il serrait resté couché sur le sol à se protéger et aurait fini par mourir sous les attaques répétées des corbeaux. En ce moment, il semblait très… humain. Très vulnérable, aussi. Je n’arrivais même plus à l’imaginer vampire ou démon, tellement il semblait fragile et près à se briser d’un instant a l’autre. Comme quoi la douleur et la panique peuvent transformer un homme.
Je ne remarquai même pas que nous avions franchis les grilles du cimetière. Enfin, je remarquai qu’il n’y avait plus de pierres tombales de chaque côté de notre chemin. Je fonçai littéralement sur le mur de l’église. Au moins, c’était déjà ça de trouver. Ils nous fallaient maintenant trouvé la porte, l’ouvrir et rentrer sans qu’aucun corbeau ne rentre à leur tour.
En tâtonnant le long du mur, je finis par trouver la lourde porte de bois. J’essayai d’ouvrir la porte… sans succès.

-Leli, qu’est-ce que t’attends, ouvre!
-Je peux pas, c’est barré!

Je vis son visage pâlir instantanément. J’imagine que le mien devait être aussi pâle. Nous allions mourir… comme ça? Bêtement bouffé par des corbeaux? Non, je n’allait pas laisser faire ça?

- Dieu, je sais pas si t’existe, mais si c’est le cas, tu ne peux pas nous faire crever juste devant la porte de ton église. On a jamais rien fait de mal, et on jour de se repentir si tu nous ouvre cette putain de porte…

Apparemment, Dieu existe puisque que la porte de l’église s’ouvrit. J’allais pousser un soupir de soulagement quand je tombai nez à nez avec une carabine à plomb. Je l’entendis tirer à plusieurs reprises, mais j’avais les oreilles déjà en sourdines par les bruits des corbeaux.
Aucun corbeau ne tomba sur le sol, à croire que le chasseur était mauvais tireur. Ou bien qu’il visait autre chose…

-Satanés oiseaux de malheur! Entrez vite, malheureux, je ne peux pas les effrayer très longtemps…

Nous ne nous le fîmes pas répétés. À peine le prêtre avait-il terminé sa phrase que Keith et moi nous précipitions à l’intérieur. Le vieux prêtre referma précipitamment la porte derrière nous, à l’aide de plusieurs serrures et verrous. Puis il pointa de nouveau son fusil dans notre direction.

-Ok, les enfants, vous allez être gentil, c’est d’accord?
-Oui, mon père, répondit Keith d’une voix amorphe.
-Bien, est-ce que l’un de vous c’est fait mordre?
-Par un corbeau ou un zombie? m’exclamais-je d’un ton sarcastique, voir hystérique. Aucun de nous deux n’est assez con pour ce faire mordre par un mort-vivant.
-Calme-toi, ma fille. Ce n’est qu’une simple précaution de ma part. Vous avez le droit de rester dans l’église, mais en silence. Sinon vous allez déranger mes prières.

Il baissa son fusil et se détourna complètement de nous. Le vieux père retourna devant son autel, tous les cierges allumés, et s’agenouilla devant. Prier… N’y avait-il que ça à faire pour survivre? J’en doutais. Ça paraissait si futile…
Keith me prit la main et m’attira vers un des bancs de l’église. Nous nous y assîmes en silence, respectant les volontés du prêtre, un peu comme-ci c’était ses dernières. Keith s’accota au banc et ferma les yeux. Nous restâmes là un bon moment, si bien que je me demandais s’il ne s’était pas endormi. Mais je ne pouvais pas dormir tout de suite. Il fallait d’abord s’occuper des blessures que les corbeaux nous ont faites.

-Heu, Keith… ça vas?
-Oui…

Je ne fus pas dupe. Ça voix était faible, presque juste un souffle. Non, ça n’allait pas. Ça ne pouvait pas aller, tout simplement. J’allais commencer à lui parler, à lui dire tel ou tel truc, je ne sais pas moi… n’importe quoi! Mais je n’eus pas le temps de rajouter une seule parole.
Dehors, tout semblait s’agité. Les lamentations des zombies devinrent de plus en plus fortes, les corbeaux recommencèrent leurs croassements fous, de plus en plus forts. Leur battement d’ailes était si bruyant qu’on pourrait estimer leur nombre à mille. Bientôt vint les attaques de corbeaux directement contre l’église. Contre les vitraux, surtout, comme si les oiseaux espéraient les détruire pour venir finir de dévorer leurs proies échappées.
Je ne pus m’empêcher de crier quand j’entendis des coups donnés sur la porte par laquelle nous étions entrés. Des coups lents, des coups de zombies. Je savais maintenant qu’il ne fallait pas ouvrir la porte… mais ils allaient frapper jusqu’à la défoncé! Puis l’instant d’après, ils ne frappaient pas seulement à une porte, mais à toutes les portes de l’église. Les corbeaux et les zombies étaient partout autour, nous étions encerclé, pris au pièges!
Comme ci ce n’était pas assez, le vent commença à souffler, fouettant à son tour les murs de l’église et rajoutant à la musique d’horreur un arrière-fond … dramatique. Je crois que je perdis tout espoir. Il était impossible de s’en sortir vivant. À moins que ce ne soit que mon imagination qui me joue des tours. Je priai pour que ce défoulement d’horreur ne soit que mon imagination…
Keith semblait avoir repris un peu, puisqu’il était aussi calme que d’habitude, comme-ci tout ça ne le dérangeait pas le moins du monde. Il réussit même à me sourire faiblement, ce que je trouvais quasiment déplacé en ce moment mais qui me remplit d’espoir du même coup. Un espoir fou et impossible, mais un espoir tout de même.
Il s’agenouilla devant le banc, exactement comme on fait quand on pris. Je le vis mettre ses mains l’une contre l’autre, et fermé les yeux. Prier. N’y avait-il que ça à faire pour survivre? J’en doutais. Ça paraissait si futile… mais Keith ne semblait pas partagé mon avis.
Progressivement, tout à l’extérieur redevint calme. Le vent cessât de fouetter les mus de l’église, les corbeaux arrêtèrent leurs attaques répétés contre les vitraux, bien que leurs croassement mis un certains temps avant de s’éteindre. Les zombies arrêtèrent eux aussi de cogner pour défoncer les portes, et semblèrent même s’éloigné, puisque leur lamentations devint de plus en plus faibles, au fur et à mesure qu’ils s’éloignaient. Lorsque tout fut complètement silencieux, Keith ouvrit les yeux et reprit sa place originale à côté de moi, sur le banc. Son sourire était amusé, mes il y avait quelque chose d’étrange au fond de ses yeux, comme s’ils ne semblaient pas comprendre ce qu’il venait de se passer.
De mon côté, je devais avoir les yeux ronds comme des billes, sans oublier la bouche grande ouverte. C’était impossible!
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